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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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sespérée, et que les avantages qu’on pourrait recueillir d’une Mars isoatelle conquête ne vaudraient pas les efforts qu’il en coûteraitpour l’accomplir. M.deTournon avait très-distinctement aperçutout cela, et n’avait pas craint de le dire dans ses nombreuxvoyages, tant en présence de Murat que de ses officiers, tousépris d'entreprises aventureuses, méprisant profondément lapopulace espagnole, et ne croyant pas qu’elle pût nous résis-ter quand les meilleurs soldats de l’Europe avaient fléchi de-vant nous. M. de Tournon, après avoir vu pendant son der-nier séjour à Madrid les préludes de la révolution d’Àranjuezet l’enthousiasme du peuple pour le jeune roi, était demeuréconvaincu qu’il y aurait folie à vouloir s’emparer de l’Espagne,soit par des moyens détournés, soit par des moyens ouverts,et qu’il valait cent fois mieux faire de Ferdinand YII un allié,qui serait plus soumis encore que Charles IV, parce que leprince delà Paix et la vieille reine ne seraient plus à ses côtéspour apporter à sa soumission l’intermittence de leurs capri-ces ou de leurs rancunes. Napoléon avait ordonné à M. de Tour-non d’être le 15 mars à Burgos, se proposant d’y arriver lui-même à la même époque, et voulant recueillir de la bouched’un homme sûr le détail de tout ce qui se serait passé. M. deTournon traversa donc pour aller à Burgos le quartier-généralde Murat, ne dissimula ni à lui ni à ses officiers l’effroi quelui inspirait l’entreprise dans laquelle on s’engageait, s’exposaà toutes leurs railleries (Murat en particulier ne s’en fit faute),et se rendit à Burgos le 15, comme il en avait l’ordre. De Bur-gos il écrivit à Napoléon pour le supplier humblement, maisavec l’insistance d’un honnête homme, de ne prendre encoreaucun parti définitif avant d’avoir vu l’Espagne de ses propresyeux, surtout de ne point se décider d’après ce que lui man-deraient des militaires braves mais étourdis, ne rêvant quebatailles et couronnes; qu’on éprouverait en Espagne de cruelsmécomptes, et peut-être d’affreux malheurs. 11 attendit à Bur-gos jusqu’au 24; et, ne voyant point arriver Napoléon, il par-