432
LIVRE XXX.
Mar* 1808.
Influenceliioiiu*htaii«*'cdes rapportsde .\l. deTnurnnn snri»*s vo oiite.-»de AapoUîon.
Lettre
extraordinairede lVnpoleonà Murat, encontradictionavec tout cequ i i li avaiteVrit
onparava’tt.
lit pour Paris, où il ne put être rendu que le 29, en se hâtantle plus possible, vu l’état des routes et des relais, ruinés alorspar l’excessif usage qu’on venait d’en faire.
Murat u’avant point écrit le 22 et le 23, occupé qu’il avaitété do son entrée à Madrid, Napoléon se trouva le 28 et le 29sans nouvelles. Il fut fort inquiet de ce qui avait pu surveniren Espagne, et dans cet état d’extrême inquiétude il fut portéun instant â voir les choses par leur côté le moins favorable.L’arrivée imprévue d’un témoin oculaire, sage, bien informé,contredisant avec conviction et désintéressement les rapportsintéressés des militaires, l’arrivée d’un pareil témoin produi-sit chez Napoléon un changement de résolution soudain, etmalheureusement trop court, car il dura à peine vingt-quatreheures. Napoléon partagea toutes les anxiétés de M. de Tour-non à l’idée des Français pénétrant dans Madrid au momentd’une révolution politique, se mêlant avec leur pétulance na-turelle aux factions qui divisaient l’Espagne, entrant en colli-sion avec les Espagnols, et l’engageant dans d’immenses diffi-cultés, peut-être dans une guerre d’extermination avec unpeuple féroce, passionné pour son indépendance. Sur-le-champil écrivit à Murat pour lui dire que M. de Tournon allait re-partir et lui porter de nouveaux ordres, qu’il marchait tropvile et se hâtait trop de paraître sous les murs de Madrid (Mu-rat cependant était plutôt en retard qu’en avance sur l’époquedésignée par Napoléon pour l’entrée dans la capitale); quenon-seulement il marchait trop vite en portant son corps d’ar-mée sur Madrid, mais qu’il portait trop tôt le général Dupontau delà du Guadarrama; qu’il n’aurait pas dû, en apprenantle retour des troupes espagnoles du général Taranco vers laVieille-Castille, dégarnir Ségovie et Valladolid; qu’il fallait segarder de se mêler aux Espagnols, de prendre part à leursdivisions, d’entror surtout en collision avec eux, car touteguerre de ce genre serait funeste ; qu’on se tromperait si oncroyait que les Espagnols étaient peu à craindre parce qu’ils