B A YONNE.
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dès qu’il aurait réuni à Madrid les hommes revêtus de saconfiance. Il avait déjà écarté de son ministère les personna-ges qui passaient pour être les plus dévoués au prince de laPaix, ou qui lui inspiraient peu de goût. Il avait appelé à l’ad-ministration de la guerre M. O’Farrill, militaire honorable,chargé autrefois de commander les troupes espagnoles enToscane; à l’administration des finances, un ancien ministrefort respecté, M. d’Azanza; à l’administration de la justice,don Sébastien Pinuela, employé très-estimé de ce même dé-partement. Il avait écarté M. de Caballero, qui seul avait tenutête dans les derniers jours au prince de la Paix, mais auquelon imputait dans la poursuite du procès de l’Escurial un rôlepeu favorable aux accusés, et il avait gardé aux affaires étran-gères M. de Cevallos, l’humble serviteur du prince de la Paixen toute occasion, notamment dans la grande question duvoyage d’Andalousie, se donnant aujourd’hui pour le person-nage le plus fidèle à la nouvelle cour, et ayant aux yeux decelle-ci un précieux titre, c’était de détester les Français,que du reste il était prêt à servir si leurs armes venaient àtriompher.
Enfin, le duc de l’Infantado étant arrivé, Ferdinand VII lecréa, comme nous l’avons dit, gouverneur du conseil de Cas-tille, et commandant de sa maison militaire. Il eut aussi lasatisfaction de revoir et d’embrasser son précepteur, qu’ilavait indignement livré dans le procès de l’Escurial, maisqu’il aimait d’habitude, et avec lequel il avait la coutume d’ou-vrir son cœur, qu’il ouvrait à bien peu de gens. Il voulut lecombler de dignités, et le faire grand-inquisiteur; ce que lechanoine Escoïquiz repoussa avec un feint désintéressement,jouant en cela le cardinal de Fleury, et ne désirant être queprécepteur de son royal élève, mais, sous ce titre, aspirant àgouverneur l’Espagne et les Indes. 11 accepta seulement le titrede conseiller d’État et le cordon de Charles III, comme pouraccorder à son roi le plaisir de lui donner quelque chose.
Avril 1808.
Arrive'eà Madriddu duc
de l’Iufantadoet
du chanoineEscoïquiz.