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LIVRE XXX.
Avril 1808.
Importantequestionde savoir siFerdinand VHdoit allerà la rencontrede IS'apolc'on.
Ignorancedans laquelleétaient
les conseillersde Ferdinandde IVtat desnégociationsavec la France.
C’est avec ces divers personnages, et en formant cependantavec le duc de l’Infantado et le chanoine Escoïquiz un conseilplus intime, où se prenaient les décisions les plus importan-tes, qu’il devait résoudre les grandes questions desquelles dé-pendaient son sort et celui de la monarchie.
Les questions que Ferdinand avait à décider se résumaienten une seule : irait-il au-devant de Napoléon pour s’acquérirsa bienveillance, obtenir la reconnaissance de son nouveautitre, et la main d’une princesse française; ou bien attendrait-il fièrement à Madrid, entouré de la fidélité et de l’enthou-siasme de la nation, ce que les Français oseraient entrepren-dre contre la dynastie? Môme avant de résoudre cette gravequestion, on avait multiplié les démarches obséquieuses au-près de Napoléon. Après avoir envoyé au-devant de lui troisgrands seigneurs de la cour, le comte de Fernand Nuûez, leduc de Medina-Celi et le duc deFrias, on lui avait encore dé-pêché l’infant don Carlos, pour aller jusqu’à Burgos, Vittoria,Irun, Bayonne même, s’il fallait pousser jusque-là pour lejoindre. Cette première marque de respect donnée à Napoléon,restait à savoir quelles concessions on ferait pour s’assurer safaveur dans le cas où il prétendrait se constituer arbitre entrele père et le fils. On employa plusieurs jours à délibérer surce sujet difficile.
D’abord il aurait fallu savoir ce que voulait Napoléon à l’é-gard de l’Espagne, lorsqu’il avait joint aux trente mille hom-mes envoyés à Lisbonne uue autre armée qu’on n’estimait pasà moins de quatre-vingt mille, et dont la marche, par Bayonneet Perpignan, par la Castille et la Catalogne, indiquait un toutautre but que le Portugal. Or les conseillers de Ferdinand,tant ceux qu’il venait d’introduire nouvellement dans le minis-tère que ceux qui en faisaient partie du temps du prince de laPaix, ignoraient absolument le secret des relations diploma-tiques avec la France. M. de Cevallos, ministre des affairesétrangères, n’avait été initié à aucune des négociations con-
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