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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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faibles qui ne savent pas même vouloir résolument ce qu’ilsdésirent. Du reste, pour terminer ces hésitations, les effortsne manquèrent ni de la part du prince Murat, ni de la partdu général Savary. Murat se servait tous les jours de M. deBeauharnais pour faire parvenir à Ferdinand le conseil de par-tir, en répétant à ce malheureux ambassadeur que c’était leseul moyen de réparer la faute qu’il avait commise en em-pêchant le voyage en Andalousie. Murat avait vu aussi le cha-noine Escoïquiz. Celui-ci, se croyant bien rusé, beaucoup plussurtout que ne pouvait l’être un militaire qui avait passé savie sur le champ de bataille, s’était flatté de pénétrer facile-ment le secret de la cour de France, en s’abouchant quelquesinstants avec celui qui la représentait à la tête de l’arméefrançaise. Murat le vit, se garda bien de promettre à l’avancela reconnaissance de Ferdinand VII, mais déclara plusieursfois que Napoléon n’avait que des intentions parfaitement ami-cales, qu’il ne voulait en rien se mêler des affaires intérieuresde l’Espagne, que si ses troupes se trouvaient aux portes deMadrid au moment de la dernière révolution, c’était un purhasard; mais que, l’Europe pouvant le rendre responsable decelte révolution, il était obligé de s’assurer, avant de recon-naître le nouveau roi, que tout s’était passé à Àranjuez légi-timement et naturellement; que personne mieux que Ferdi-nand VII ne saurait l'édifier complètement à ce sujet, et quela présence de ce prince, les explications qui sortiraient desa bouche ne pouvaient manquer de produire sur l’esprit deNapoléon un effet décisif. Murat dupa ainsi le pauvre chanoine,qui s’était flatté de le duper, et qui sortit convaincu que levoyage amènerait infailliblement la reconnaissance du princedes Asturies comme roi d’Eispagne.

On savait le général Savary arrivé à Madrid, et on le re-gardait, quoiqu’il fût dans une position bien inférieure à cellede Murat, comme plus initié peut-être à la vraie pensée deNapoléon. On désirait donc beaucoup une entrevue avec lui.

Avril 1808.

les doutesde Ferdinand Vilau sujetdu voyage àBayonne.