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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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cette résolution au peuple de Madrid. Les uns, par un orgueiltout espagnol, pensaient que c’était assez que d’avoir envoyéau-devant de Napoléon un frère du roi, l’infant don Carlos, etils croyaient de bonne foi que le souverain de l’Espagne dé-générée valait au moins l’empereur des Français, vainqueurdu continent et dominateur de l’Europe. Les autres, et c’étaitle plus grand nombre, commençant à entrevoir le motif quiavait amené tant de Français dans la Péninsule, à interpréterd’une manière sinistre le refus de reconnaître Ferdinand VII,regardaient comme une insigne duperie d’aller au-devant deNapoléon, car c’était se remettre soi-méme dans ses puissan-tes mains. Ils étaient loin de supposer qu’on pût pousser l’i-neptie jusqu’à se rendre à Bayonne sur le territoire français,mais ils jugeaient que, plus on se rapprochait des Pyrénées,plus on se mettait à portée de Napoléon et de ses armées. Ily eut à la nouvelle de ce voyage une émotion inexprimabledans Madrid, et il se serait élevé un tumulte si une proclama-tion de Ferdinand VII n’était venue apaiser les esprits, en di-sant que Napoléon se rendait de sa personne à Madrid poury nouer les liens d’une nouvelle alliance, pour y consolider lebonheur des Espagnols, et qu’on ne pouvait se dispenser d’al-ler à la rencontre d’un hôte aussi illustre, aussi grand que levainqueur d’Austerlitz et de Friedland.

Cette proclamation prévint le tumulte, sans dissiper entiè-rement les soupçons que le bon sens de la nation lui avait faitconcevoir. Ferdinand partit le 10 avril, entouré d’une fouleimmense, qui le saluait avec un intérêt doulournux, avec desprotestations d’un dévouement sans bornes. Chez une partiedu peuple cependant on pouvait apercevoir une sorte de com-passion dédaigneuse pour la sotte crédulité du jeune roi.

Il avait été convenu avec Murat que le général Savary, dansla crainte de quelque retour de volonté de la part de Ferdi-nand et de ceux qui l’accompagnaient, ferait le voyage aveceux, pour les entraîner de Burgos à Vittoria, de Vittoria à

Avril 1808.

Défiancesdu peupleespagnolrelativementau voyagede Bayonne.

Départ

Ferdinand VIIle 10 avril.

Le généralSavaryaccompagneFerdinand VII,