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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Avril 1908 .

L’extraditiondu princede [a Paixajournéedans l’intérêtdu voyageà Bayonne.

Ferdinand,prêt à quitterMadrid,organiseune régencechargéede gouverneren son absence.

Le général Savary, plus avisé que Murat, crut s’apercevoirque la chaleur qu’on mettait à réclamer le prince de la Paixexcitait une défiance qui nuisait à l’objet principal, c’est-à-direau départ de Ferdinand VII, et il prit sur lui de renoncer mo-mentanément à l’extradition du prince, en disant que ce seraitune affaire à régler ultérieurement, comme toutes les autres,dans la conférence qui allait avoir lieu entre le nouveau roid’Espagne et l’empereur des Français.

Cette concession accordée, le départ de Ferdinand fut ré-solu. Ce prince voulut d’abord aller à Aranjuez visiter son pèrequ’il avait laissé depuis le 19 mars (on était au 7 ou au 8 avril)dans l’abandon, presque le dénûment, sans daigner le voirune seule fois. H désirait obtenir de lui une lettre pour Napo-léon , afin de lier en quelque sorte son vieux père par un té-moignage de bienveillance donné en sa faveur. Mais Charles IVreçut fort mal ce mauvais fils. La reine le reçut plus mal en-core , et on lui refusa tout témoignage dont il pût s’armer pourétablir sa bonne conduite dans les événements d’Aranjuez.

Quoique un peu déconcerté par ce refus, il fit néanmoinsses préparatifs pour partir le 10 avril. Il laissa une régencecomposée de son oncle, l’infant don Antonio, du ministre dela guerre O’Farrill, du ministre des finances d’Azanza, du mi-nistre de la justice don Sébastien de Pinuela, avec mission dedonner en son absence les ordres urgents, d’en référer à luipour les affaires qui n’exigeraient pas une décision immédiate,et de se concerter en toute chose avec le conseil de Castille.Ferdinand emmenait avec lui ses deux confidents les plus in-times, le duc de l’Infantado et le chanoine Escoïquiz, le mi-nistre d’Etat Cevallos, et deux négociateurs expérimentés,MM. de Musquiz et de Labrador. Il était en outre accompagnédu duc de San-Carlos et des grands seigneurs formant sa nou-velle maison. M. de Cevallos était chargé de correspondre avecla régence laissée à Madrid.

Toutefois, ce ne fut pas chose facile que de faire agréer