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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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impossible depuis le 17 mars de se rassurer un seul instant.L’Espagne leur était devenue odieuse. Ils parlaient sans cessede la quitter, et d’aller habiter ne fût-ce qu’une simple fermeen France, pays que leur puissant ami Napoléon avait rendusi câline, si paisible, et si sûr. Mais ce fut bien autre chosequand ils apprirent que Ferdinand Vil allait s’aboucher avecNapoléon. Quoiqu’ils n’eussent ni une grande espérance ni unegrande ambition de ressaisir le sceptre, ils furent pleins dedépit à l’idée que Ferdinand aurait gain de cause auprès del’arbitre de leurs destinées; que, roi reconnu et consolidé parla reconnaissance de la France, il deviendrait leur maître,celui de l’infortuné Godoy, et qu’il pourrait décider de leur sortet de celui de toutes leurs créatures. Ne se contenant plus àcette idée, ils conçurent le désir ardent d’aller eux-mêmesplaider leur cause contre un fils dénaturé devant le souveraintout-puissant qui s’approchait des Pyrénées. La reine d’Étru-rie, qui haïssait son frère Ferdinand dont elle était haïe, avait,elle aussi, à défendre les droits de son jeune fils, devenu roide la Lusitanie septentrionale. Elle craignait que ces droits nepérissent au milieu du bouleversement général de la Péninsule,et elle voulait aller avec son père et sa mère se jeter dans lesbras de Napoléon afin d’en obtenir justice et protection. Ellecontribua pour sa part à rendre plus vif le désir de se3 vieuxparents, et à les précipiter sur la route de Bayonne. Ainsi cesmalheureux Bourbons étaient saisis d’une sorte d’émulationpour se livrer eux-mêmes au conquérant redoutable, qui lesattirait comme on dit que le serpent attire les oiseaux domi-nés par une attraction irrésistible et mystérieuse.

Sur-le-champ ce désir fut transmis à Murat, qui en accueil-lit l’expression avec une indicible joie. S’il n’eût obéi qu’à sonpremier mouvement, il aurait mis en voiture la vieille courpour la faire partir immédiatement à la suite de la jeune. Maisil craignait de donner trop d’ombrages en faisant partir tousles membres de la famille à la fois, de provoquer dans l’esprit

TOM. YUI. 29

Avril 1808.

se rend àBayonne,veulent y alleraussi pourplaidereux-mêmesleur causo.