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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Avril 1806. dans ce bouleversement, grossir l’empire britannique au delàdes mers. Ces propos avaient passé des provinces basquesfrançaises dans les provinces basques espagnoles, et ils pro-duisirent sur l’esprit de Ferdinand VII et du chanoine Escoï-quiz une telle sensation que la résolution de s’arrêter à Vitto-ria fut immédiatement prise. On donna pour motif la raisond’étiquette, qui avait bien sa valeur; car aller à la rencontrede Napoléon, au delà même de la frontière espagnole, n’étaitpas un acte fort digne. Le général Savary, pour amener lesEspagnols jusqu’à Vittoria, avait toujours fait valoir auprèsd’eux l’espérance et la presque certitude de rencontrer Napo-léon au relais suivant. Mais la nouvelle certaine de la présencede Napoléon à Bordeaux ne permettait plus d’employer unaltercation P are ‘* m °y fe11 - Alors il dit que, puisqu’on était venu pour voirau générai Napoléon, pour solliciter de lui la reconnaissance de la nou-tes conseillers ve ]j e r0 y a uté, il fallait mettre les petites considérations deFerdinand\ii. e t nicher au but qu’on s’était proposé d’atteindre;

qu’après tout, ceux qui venaient à la rencontre de Napoléonavaient besoin de lui, tandis qu’il n’avait pas besoin d’eux,et il était naturel dès lors qu’ils fissent le chemin que d’autresaffaires, toutes fort graves, l’avaient jusqu’ici empêché defaire; qu’il fallait donc cesser de se mutiner comme desenfants contre les suites d’une démarche qu’on avait entre-prise pour des motifs d’un grand intérêt. Puis le général, chezlequel une sorte de vivacité militaire déjouait souvent la pru-dence, voyant qu’il n’était pas écouté, changea tout à coupde manière d’être, de caressant et de cauteleux devint arro-gant et dur, et, montant à cheval, leur dit qu’il en seraitcomme ils voudraient, mais que quant à lui il retournait àBayonne pour y joindre l’Empereur, et qu’ils auraient pro-bablement à se repentir de leur changement de détermination.Il les laissa effrayés, mais pour le moment obstinés dans leurrésistance.

Le général Savary partit aussitôt pour Bayonne, où il ar-