BAYONNE.
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poléon, ni de sa prochaine arrivée. (Il était alors h Bordeaux.)Le général Savary, qui ne les quittait pas, survint à l’instant,raffermit leur confiance chancelante , leur affirma qu’ils al-laient enfin rencontrer Napoléon ; que plus ils feraient de che-min vers lui, plus ils le disposeraient en leur faveur, et qued’ailleurs ils seraient ainsi rassurés deux jours plus tôt sur lesort qui les attendait. C’est un moyen sûr d’entraîner les coeursagités que de leur promettre un plus prompt éclaircissementdu doute qui les agite. On se décida donc à se rendre à Vit-toria. On y arriva le 13 avril au soir.
A Yittoria, les hésitations de Ferdinand VII se convertirenten une résistance absolue, et il ne voulut pas pousser sonvoyage au delà. D’une part, il avait appris que, loin d’avoirfranchi la frontière espagnole, Napoléon n’était encore qu’àBordeaux, et la susceptibilité espagnole se sentait blessée defaire autant de pas à la rencontre d’un hôte qui en faisait sipeu. De l’autre, en approchant de la frontière de France, lavérité commençait à luire. A Madrid, au milieu de factionsennemies cherchant à se devancer l’une l’autre auprès de Na-poléon, au milieu d’un peuple infatué de lui-même, qui n’ima-ginait pas qu’une main étrangère osât toucher à la couronnede Charles-Quint, on avait pu croire que Napoléon avait re-mué ses armées uniquement pour l’intérêt de la familleroyale d’Espagne. Mais, dans le voisinage de la France, où toutle monde entrevoyait le but de Napoléon, où les armées fran-çaises, accumulées depuis long-temps, avaient dit indiscrète-ment ce qu’elles supposaient de l’objet de leur mission, il étaitplus difficile de se faire illusion. Chacun en effet disait àBayonne et dans les environs que Napoléon venait tout simple-ment achever son système politique, et remplacer sur le trôned’Espagne la famille de Bourbon par la famille Bonaparte. Ontrouvait cette conduite naturelle de la part d’un conquérant ,fondateur de dynastie, si toutefois le succès couronnait l'en-treprise, et surtout si les colonies espagnoles n’allaient pas,
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Avril 1809.
Le généralSavary décidél- ei’iliiuinil Vità poursuivresu route.
Arrivée
«le
Ferdinand VIIà Vitturia.