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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Avril 180S.

t

Le généralSavary chargéde porterà VI Noriala lettrede Napoléon,et

d’employerla force siFerdinand VIIrésisteà L'invitationde se reluireà Bayonne.

gement pour d’augustes faiblesses, faiblesses qu’il fallait par-donner, car les rois nëlaieut, comme les autres hommes, quefaiblesse et erreur; qu’au milieu de ces projets il avait étésurpris par les événements d’Àranjuez; qu’il n’entendait aucu-nement s’en constituer le juge, mais que, ses armées s’étanttrouvées sur les lieux, il ne voulait pas aux yeux de l’Europeparaître le promoteur ou le complice d’une révolution qui avaitrenversé du trône un allié et un ami; qu’il ne prétendait points’immiscer dans les affaires intérieures de l’Espagne, mais ques’il lui était démontré que l’abdication de Charles IV avait étévolontaire, il ne ferait aucune difficulté de le reconnaître, luiprince des Asturies, comme légitime souverain d’Espagne;que pour cela un entretien de quelques heures paraissait dé-sirable, et qu’enfin, à la réserve observée depuis un mois dela part de la France, on ne devait pas craindre de trouverdans l’empereur.des Français un juge défavorablement pré-venu. Puis venaient quelques conseils exprimés dans le lan-gage le plus élevé sur le procès intenté au prince de la Paix,sur l’inconvénient qu’il y aurait à déshonorer non-seulementle prince, mais le roi et la reine, à initier au secret des affai-res de l’Etat une multitude jalouse et malveillante, à lui don-ner la funeste habitude de porter la main sur ceux qui l’avaientlong-temps gouvernée; car, ajoutait Napoléon, les peuples sevengent volontiers des hommages qu’ils nous rendent. Il se mon-trait en finissant disposé encore à l’idée d’un mariage, si les ex-plications qui allaient lui être données à Bayonne étaient denature à le satisfaire.

Cette lettre, adroit mélange d’indulgence, de hauteur, deraison, eût été une belle pièce d’éloquence si elle n’avait ca-ché une perfidie. Le général Savary devait la porter à Vittoria,y joindre les développements nécessaires, et au besoin ajou-ter do ces paroles captieuses dont il était prodigue, et quidans sa bouche pouvaient décider Ferdinand VII sans cepen-dant engager Napoléon. Mais il fallait prévoir le cas oùFerdi-