BAYONNE.
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avait dit à la cour de Ferdinand VIL Ses paroles avaient trouvéde l’écho, et une multitude de sujets fidèles s’étaient réunispour s’opposer au départ de leur jeune roi. Le 19 au matin,moment assigné pour se mettre en route, et les voituresroyales étant attelées, il s’éleva soudainement un tumultepopulaire. Une foule de paysans armés, qui, depuis plusieursjours, couchaint à terre, soit devant la porte, soit dans l’in-térieur de la demeure royale, manifestèrent l’intention de s’op-poser au voyage. L’un deux, armé d’une faucille, coupa lestraits des voitures et détela les mules, qui furent ramenéesaux écuries. Une collision pouvait s’ensuivre avec les troupesfrançaises chargées d’escorter Ferdinand. Heureusement onavait ordonné à l’infanterie de rester dans les casernes les ar-mes chargées, la mèche des canons allumée. La cavalerie dela garde se tenait seule sur la place où étaient les voitures,mais à une certaine distance des rassemblements, le sabre aupoing, dans une immobilité menaçante. Les conseillers deFerdinand, craignant qu’une collision ne nuisit à leur cause,envoyèrent le duc de l’Infantado dans la rue pour parler aupeuple. Le duc, qui jouissait d’une grande considération, sejeta au milieu de la foule, réussit à la calmer, en invoquantle respect dû aux volontés royales, et affirma que si on allaità Bayonne, c’est qu’on avait la certitude d’en revenir sousquelques jours avec la reconnaissance de Ferdinand, et unrenouvellement de l’alliance française. Le peuple s’apaisa parrespect plus que par conviction. Les mules furent attelées denouveau sans obstacle, et Ferdinand VII monta en voiture ensaluant la foule, qui lui rendit son salut par des acclamationsà travers lesquelles perçaient quelques cris de colère et depitié. Les superbes escadrons de la garde impériale, s’ébran-lant au galop, entourèrent aussitôt les voitures royales, commepour rendre hommage à celui qu’elles emmenaient prisonnier.Ainsi partit ce prince inepte, trompé par ses propres désirsencore plus que par l’habileté de son adversaire, trompé
Avril 1808.
Au mnmcntdu départde Ferdinand,le peuplese précipitesur les voiturespour
l’empêcherde partir.
La foule s'étantapaisée,Ferdinand partle 19 pourBa.vonne.