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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Avril 1808.

Arrivéede Ferdinand& Iran.

Arrivéede Ferdinandh Bajoime.

Premièreentrevuede Napoléonavec

Ferdinand.

comme s’il avait été le plus naïf, le plus loyal des princes deson temps, tandis qu’il était l’un des plus dissimulés et desmoins sincères. Le peuple espagnol le vit partir avec douleur,avec mépris, se disant qu’au lieu de son roi il verrait bientôtl’étranger appuyé sur des armées formidables.

Ferdinand VII coucha dans la petite ville d’Irun, avec leprojet de passer la frontière française le lendemain. Le 20 aumatin, il traversa en effet la Bidassoa, fut fort surpris de netrouver pour le recevoir que les trois grands d’Espagne reve-nus de leur mission auprès de Napoléon, et n’apportant aprèsl’avoir vu que les plus tristes pressentiments. Mais il n’étaitplus temps de revenir sur ses pas; le pont de la Bidassoaétait franchi, et il fallait s’enfoncer dans l’ablme qu’on n’avaitpas su apercevoir avant d’y être englouti. En approchant deBayonne le prince rencontra les maréchaux Duroc et Berthierenvoyés pour le complimenter, mais ne le qualifiant que dutitre de prince des Asturies. Il n’y avait là rien de très-inquié-tant encore, car Napoléon avait pris pour thème de sa poli-tique de ne reconnaître ce qui s’était passé à Aranjuez qu’aprèsexplication. On pouvait donc attendre quelques heures deplus avant de s’alarmer

Parvenu à Bayonne, Ferdinand y trouva quelques troupessous les armes, et une population peu nombreuse, car per-sonne n’était averti de son arrivée. 11 fut conduit dans une ré-sidence fort différente des magnifiques palais de la royautéespagnole, mais la seule dont on pût disposer dans la ville.A peine était-il descendu de voiture, que Napoléon, accouruà cheval du château de Marac, lui fit la première visite. L’em-pereur des Français embrassa le prince espagnol avec tousles dehors de la plus grande courtoisie, l’appelant toujours dutitre de prince des Asturies, ce qui n’était que la continuationd'un traitement convenu, et le quitta après quelques minutes,sous prétexte de lui laisser le temps de se reposer, et sanslui avoir rien dit qui pût donner lieu à une interprétation