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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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surtout devant Charles IV, venant faire valoir ses réclama-tions beaucoup mieux motivées que celles de Ferdinand Vil;car si l’idée de protester contre son abdication lui avait étésuggérée par Murat, il n’en était pas moins vrai que cette ab-dication avait été le résultat d’une violence morale exercéesur son faible caractère, et qu’il était très-fondé à revendiquerla couronne. Tout même eût été juste, si, en la retirant à Fer-dinand VII, on l’avait rendue à Charles IV. Napoléon, regar-dant la présence de Charles IV comme indispensable pour op-poser au droit du fils le droit du père, ce qui ne créait pas ledroit des Bonaparte, mais ce qui mettait tous ces droits dansun état de confusion dont il espérait profiter, pressa vivementMurat de faire partir les vieux souverains, et de lui envoyeraussi le prince de la Paix, toujours prisonnier à Villa-Viciosa.Napoléon enjoignit à Murat d’employer la force, s’il le fallait,non pour le départ de la vieille cour, qui demandait instam-ment à se mettre en route et que personne ne songeait à rete-nir, mais pour la délivrance du prince de la Paix, que les Es-pagnols ne voulaient relâcher à aucun prix. 11 recommandaen môme temps, pour préparer les esprits, de communiquerù la junte de gouvernement et au conseil de Castille la pro-testation de Charles IV, ce qui réduisait à néant la royauté deFerdinand VII, sans rétablir celle de Charles IV, et commen-çait une sorte d’interrègne commode pour l’accomplissementd’un projet d’usurpation. Il tâcha de faire bien comprendre àMurat qu’il ne fallait pas s’attendre à un grand succès d’opi-nion en opérant un changement qui n’était pas du gré des Es-pagnols, mais qu’il fallait les contenir par la crainte, gagnerensuite l’adhésion des hommes sensés, par l’évidence des biensdont une royauté française serait la source, parla certitudequ’au prix d’un changement de dynastie l’Espagne ne perdraitni un village ni une colonie, avantage qui ne serait résultéd’aucun autre arrangement, et puis suppléer à ce qui man-querait en assentiment par le déploiement d’une force irré-

Avrll 1808.

Napoléonordonne à Muratd'envoyer lesvieux souverainset le princede la faixà Rayonne.

Instructionde Napoléon àMurat,

relativement àla manièrede sc conduireavec

les Espagnols.