Band 
[Vol. 4.]
Seite
470
JPEG-Download
 

47Ü

LIVRE XXX.

Avril 1808. sislible. Napoléon prescrivit à Murat de bien se tenir sur sesgardes, de fortifier deux ou trois points dans Madrid, telsque le palais royal, l’amirauté, le Buen-Retiro, de ne pas lais-ser coucher un seul officier en ville, d’exiger qu’ils fussenttous logés avec leurs soldats, de se comporter en un motcomme à la veille d’une insurrection qu’il croyait inévitable,car les Espagnols voudraient probablement tâter les Français;qu’il fallait dans ce cas les recevoir énergiquement, de ma-nière à leur ôter tout espoir de résistance, et ne pas oublierla manière dont il pratiquait la guerre de rue en Égypte, enItalie et ailleurs; qu’il ne fallait pas s’engager dans l’intérieurde la ville, mais occuper la tête des rues principales par defortes batteries, y faire sentir la puissance du canon, et, par-tout où la foule oserait se montrer à découvert, la faire ex-pirer sous le sabre des cuirassiers. Ainsi de la ruse Napoléonétait conduit à la violence, par cette usurpation de la couronneespagnole!

Sur un seul point Murat avait devancé les instructions deNapoléon : c’était relativement au départ des vieux souverainsMurat et à la délivrance du prince de la Paix. II avait mandé à Char-

dispose tout 1

i ,our Repart les 1Y et à la reine, en réponse à l’expression de leurs désirs,'ft'ITuprince 1 fi 110 l’Empereur les verrait avec plaisir auprès de lui, que parau ia Paix. cons éq uen t ü s n’avaient qu’à préparer leur départ, et qu’ilallait exiger la remise du prince de la Paix, pour l’achemineravec eux vers Bayonne, double nouvelle qui leur fit éprouverla seule joie qu’ils eussent ressentie depuis les fatales jour-nées d’Aranjuez.

Ayant appris que Ferdinand VII avait enfin passé la fron-tière, Murat n’avait plus de ménagements à garder; et d’ail-leurs les Espagnols, irrités d’une telle faiblesse, humiliésd’avoir de tels princes, semblaient pour un moment prêts àse détacher d’une famille si peu digne du dévouement de lanation. On devait donc pour quelques jours les trouver plusfaciles. Mais quand on leur parla de délivrer le prince de la