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[Vol. 4.]
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Paix, il y eut chez eux une sorte de soulèvement. La multi-tude avide de vengeance voyait avec désespoir sa victime luiéchapper. Les hautes classes, et parmi elles les hommes quis’étaient compromis dans la révolution d’Aranjuez, craignaientqu’au milieu de tous ces revirements politiques, le prince dela Paix ne ressaisit un jour le pouvoir, et ne les punît de leurconduite. On se refusait donc pour ces divers motifs à lui ren-dre la liberté. La junte de gouvernement, composée des mi-nistres et de l’infant don Antonio, éprouvait plus que personneces tristes sentiments. Elle avait dès l’origine opposé aux ins-tances de Murat une forte résistance, et prétendu qu’étantsans autorité pour décider une semblable question, elle de-vait en référer à Ferdinand VII. Elle s’était en effet adresséeà lui pour lui demander ses ordres. Ferdinand très-embar-rassé de répondre à ce message, avait déclaré que cette ques-tion serait traitée et résolue à Bayonne, avec toutes celles quiallaient occuper les deux souverains de France et d’Espagne.La réponse de Ferdinand ayant été immédiatement transmiseà Murat, celui-ci considéra la question comme tranchée parles ordres de Napoléon, et il exigea qu’on fit sortir de prisonle prince de la Paix pour l’envoyer à Bayonne. Il annonça dureste qu’Emmanuel Godoy serait à jamais exilé d’Espagne, etqu’il ne serait transporté en France que pour y recevoir lavie, seule chose qu’on voulût sauver en lui. Murat, après avoiradressé cette communication à la junte, dirigea des troupesde cavalerie sur Villa-Viciosa avec ordre d’enlever le prison-nier de gré ou de force. Le marquis de Chasteler, qui étaitpréposé à sa garde, mettant son honneur à servir la hainenationale, se refusait à le rendre, quand la junte, pour pré-venir une collision, lui fit dire de le livrer.

L’infortuné dominateur de l’Espagne, qui naguère encoreétait entouré de toutes les superfluités du luxe, qui surpas-sait la royauté elle - même en somptuosité, comme il la sur-passait en pouvoir, arriva au camp de Murat presque sans

Avril 1808.

Résistanceîles Espagnolsà la délivrancedu princedo la Paix.

Murat

prend sur luid’ordonnerla délivrancedu princedo la Paix.

Triste étatdans lequelEmmanuelGodo.yest livre àMurat.