BAYONNE.
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en refusant de s’expliquer. Murat avait terminé le différend Avril isos.
par une transaction, et on était convenu que les actes du gou- au nom
vernement seraient publiés au nom du roi, sans dire lequel. dMls pactes
Le trône devenait ainsi tout à fait vacant, et les Espagnols §° UÏ<:r “ i:ra<!Ilt -
commençaient à s’en apercevoir avec une profonde douleur.
Tantôt ils s’indignaient contre l'ineptie et la lâcheté de leurs
princes, qui s’étaient laissé tromper, et précipiter dans un
gouffre dont ils ne pouvaient plus sortir; tantôt ils se sentaient
pleins de pitié pour eux, et de fureur contre les étrangers qui
s’étaient introduits sur leur territoire par la ruse et la violence.
Les hommes éclairés, comprenant bien maintenant pourquoi
les Français avaient envahi l’Espagne, flottaient entre leur
haine de l’étranger et le désir de voir l’Espagne réorganisée
comme l’avait été la France par la main de Napoléon. Attirés Déposition*
avec leurs femmes aux fêtes que donnait Murat, ils étaient , e'p»sn«!e
1 1 depuis le départ
quelquefois entraînés, à demi séduits, mais jamais conquisentièrement. Le peuple au contraire ne partageait en aucunemanière celte espèce d’entraînement. Quelquefois à la vue dola garde impériale et de notre cavalerie il était saisi, il admi-rait même Murat; mais notre infanterie surtout, composée desoldats jeunes, à peine instruits, malades de la gale, et ache-vant leur éducation sous ses yeux, ne lui inspirait aucunrespect, et lui donnait même la confiance de nous vaincre.
Les paysans oisifs des environs étaient accourus à Madrid,armés de leurs fusils et de leurs coutelas, et s’habituaient ànous bravér des yeux avant de nous combattre avec leursarmes. Quelques-uns, fanatisés par les moines, commettaientd’horribles assassinats. Un homme du peuple avait tué à coupsde couteau deux de nos soldats, et blessé un troisième, sousl’inspiration, disait-il, de la sainte Vierge. Le curé de Cara-manchel, village aux portes de Madrid, avait assassiné l’unde nos officiers. Murat avait fait punir exemplairement lesauteurs de ces crimes, mais sans apaiser la haine qui com-mençait à naître. Une émotion indéfinissable remplissait déjà