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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Avril îa*. les âmes, à tel point qu’un cheval s’étant échappé sur la bellepromenade du Prado, tout le monde s’était enfui à l’idée qu’uncombat allait s’engager entre les Espagnols et les Français,^militaire»* Murat se faisant toujours illusion sur les dispositions des Es-dc Murat. p a g no j g ? mais stimulé par les avis réitérés de Napoléon, pre-nait quelques précautions. Il avait logé en ville la garde et lescuirassiers, et placé le reste des troupes sur Jes hauteurs quidominent Madrid. II avait, aux trois divisions du maréchalMoncey, ajouté la première division du général Dupont, et te-nait ainsi Madrid avec la garde, toute la cavalerie et quatredivisions d’infanterie. La seconde division du général Dupontavait été portée à l’Escurial, la troisième à Ségovie. Les trou-pes campaient sous toile tout autour de Madrid. Approvision-nées avec difficulté à cause de l’insuffisance des transports,elles l’étaient néanmoins avec assez d’abondance. Le traite-ment contre la gale, appliqué à nos jeunes soldats, les avaitpresque tous remis en santé. Ils s’exercaient tous les jours, etcommençaient à acquérir la tenue qu’il aurait fallu leur sou-haiter dès leur entrée en Espagne. Murat leur avait donné desofficiers pris dans les sous-officiers de la garde, et apportaitun soin infini à l’organisation d’une armée qu’il regardaitcomme le soutien de sa future couronne. La division du gé-néral Dupont surtout était fort belle. Malheureusement il auraitfallu, nous le répétons, montrer cela tout fait aux Espagnols,mais ne pas le faire sous leurs yeux. Murat se consacrant àune œuvre qui lui plaisait fort, quelquefois encore applaudide la populace espagnole qui se laissait éblouir par sa pré-sence et par les beaux escadrons de la garde impériale, maîtrede la junte, qui, placée entre deux rois absents, ne sachantauquel obéir, obéissait à la force présente, Murat se croyaitdéjà roi d’Espagne. Ses aides-de-camp, se croyant à leurtour grands seigneurs de la nouvelle cour, le flattaient à quimieux mieux, et lui, renvoyant à Paris ces flatteries, écrivaità Napoléon : Je suis ici le maître en votre nom ; ordonnez, et