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LIVRE XXX.

Mai 1808.tout

ce qui restaità Madridde membresde ia familleroyale.

Résistancede la Junteau départde l’infant donFrancisco.

de tous les membres de la famille royale restant encore à Ma-drid. D’une part, la vieille reine d’Espagne désirait qu’on luienvoyât le jeune infant don Francisco, laissé en arrière à causede l’état de sa santé ; de l’autre, la reine d’Étrurie, demeuréepar un pareil motif à Madrid, demandait elle - môme à partir,effrayée qu’elle était de l’agitation chaque jour croissante dupeuple espagnol. Murat, à qui l’Empereur avait recommandéd’acheminer vers Bayonne tous les membres restants de la fa-mille royale, exigeait impérieusement ce double départ. Quantà la reine d’Étrurie, il ne pouvait y avoir de difficulté, puis-qu’elle était princesse indépendante, et désirait partir. Quantau jeune infant don Francisco, placé à cause de son âge sousl’autorité royale, il dépendait actuellement de la junte de gou-vernement, exerçant cette autorité en l’absence du roi. Lajunte, devinant bien l’intention de ces départs successifs, s’as-sembla dans la nuit du 30 avril au 1 er mai, pour délibérersur la demande de Murat. Elle était accrue, en nombre parl’adjonction des divers présidents des conseils de Castille etdes Indes, et de plusieurs membres de ces conseils. La séancefut fort agitée. Quelques - uns des membres de cette réunionvoulaient qu’on se refusât à une proposition qui avait pourbut évident d’enlever les derniers représentants de la royautéespagnole, et que, plutôt que de céder, on essayât la résis-tance à force ouverte. Le ministre de la guerre, M.'O’Farrill,exposa la situation de l’armée, dont les corps désorganisés,dispersés les uns dans le Nord, les autres dans le Portugal etsur les côtes, ne présentaient pas à Madrid une force réuniede plus de trois mille hommes. Les esprits ardents voulaientqu’on y suppléât avec la populace armée de couteaux et defusils de chasse, et qu’on cherchât son salut dans un grandacte de désespoir national. La majorité opina pour qu’on ré-pondit à Murat par un refus dissimulé, en se gardant toutefoisde provoquer une collision. À côté de la junte, une réunionde patriotes, mécontents de ce qu’ils appelaient sa faiblesse,