BAYONNE.
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publique. Il avait fait savoir qu’on voulait le violenter àBayonne pour lui arracher le sacrifice de ses droits, mais qu’ilrésistait, et résisterait à toutes les menaces, et que ses peuplesapprendraient plutôt sa mort que sa soumission aux volontésde l’étranger. Il se peignait comme la plus noble, la plus in-téressante des victimes, et de manière à exalter pour lui tousles coeurs généreux. Ces courriers, voulant éviter les routesdirectes, couvertes de troupes françaises, perdaient un jourou deux pour arriver à Madrid, mais y arrivaient sûrement,et les nouvelles qu’ils portaient, propagées rapidement, avaientramené à Ferdinand VII l’opinion un moment aliénée. Le bruituniversellement accrédité que Ferdinand VII était à Bayonnel’objet de violences brutales, et qu’il y opposait une résistancehéroïque, avait ranimé en sa faveur la populace de la capi-tale , laquelle s’était accrue, comme nous l’avons dit, des pay-sans oisifs des environs. Ne pouvant pas recourir aux impri-meries, soigneusement surveillées par les agents de Murat,on se servait de bulletins écrits à la main, et ces bulletins re-produits avec profusion, circulant avec une incroyable rapi-dité, excitaient au plus haut point les passions du peuple.Quant à la junte de gouvernement, elle dissimulait profondé-ment ses sentiments secrets, affectait une grande déférencepour les désirs de Murat ; mais, dévouée comme de juste àFerdinand VII, elle était l’agent des communications avecBayonne, et des publications qui en étaient la suite. Elle avaitdépêché des émissaires à Ferdinand pour savoir s’il voulaitqu’elle se dérobât aux Français, qu’elle allât elle-même pro-clamer quelque part la royauté légitime, provoquer le soulè-vement de la nation, et déclarer la guerre à l’usurpateur. Enattendant une réponse à ces propositions, elle ne cédaitqu’après d’interminables retards à toutes les demandes deMurat qui étaient de nature à servir les desseins de Napoléon.
Parmi ces demandes il s’en trouvait une qui l’avait fortagitée, c’était celle qui consistait à exiger l’envoi à Bayonne
TOM. viii. 31
Mai 1808.
Situationde Madridpendant lesévénementsde Bayonne.
Ordre
de faire partirpour Bayonne