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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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tigue : Enfin on ne nous répétera plus que des paysans armésde couteaux peuvent venir à bout de troupes régulières 1 —L’impression était profonde, en effet, chez le peuple de Ma-drid , et, dans son exagération, il débitait et croyait qu’il yavait eu plusieurs milliers de morts ou de blessés. 11 n’en étaitrien cependant, car les insurgés avaient à peine perdu quatrecents hommes, et les Français une centaine au plus. Mais laterreur, grossissant les nombres comme de coutume, donnaità cette journée une importance morale très-supérieure à sonimportance matérielle. Dès cet instant Murat pouvait tout oser.Il fit partir le lendemain non-seulement l’infant don Francisco,mais la reine d’Élrurie, son fils, et le vieil infant don Antoniolui-même, qui avait tous les sentiments des insurgés, moinsleur énergie, et qui ne demandait pas mieux que d’aller trou-ver à Bayonne ce qui attendait en ce lieu tous les princesd’Espagne, le repos et la déchéance. L’infant don Antonio con-sentit à partir immédiatement, et abandonna la présidence dela junte de gouvernement, sans môme en donner avis à cettejunte. Murat venait de recevoir le décret de Charles IV, quilui conférait la lieutenance-générale du royaume. Il appela lajunte, se fit accepter comme son président à la place de l’in-fant don Antonio, et fut investi dès lors de tous les pouvoirsde la royauté. Il alla s’établir au palais, où il occupa les ap-partements du prince des Asturies, et, reprenant dans sacorrespondance avec Napoléon son langage habituel, il luiécrivit que toute la force de résistance des Espagnols s’étaitépuisée dans la journée du 2 mai, qu’on n’avait qu’à désignerle roi destiné à l’Espagne, et que ce roi régnerait sans obs-tacle. Dans plus d’une lettre il avait déjà dit, comme un faitqu’il citait sans y ajouter aucune réflexion, que les Espagnols,impatients de sortir de leurs longues et pénibles anxiétés,s’écriaient souvent : Courons chez le grand-duc de Berg, etproclamons-le roi. — Dans ces folles illusions, il y avait quel-que chose de vrai cependant. A prendre un roi français, Murat

Mai 1808.

Murat profitede

l'abattementdu peuplede Madridpour fairepartir tousles membresde la familleroyale

qui restaientencoreen Espagne.

Murat

reconnu lieu-tenautgeWraldu

royaume.