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LIVRE XXX.
Mai 1868
et aux recom-mandationssecrètesde
Ferdinand VIT.
Difficultésque rencontreMuratpour fairedemander, parles autorite'sespagnoles,Joseph Bona-parte comme
tes recommandations de Ferdinand VII, qui les engageait às’abstenir de tout acte imprudent, achevèrent de les confir-mer dans cette disposition. Toutefois ils eurent un moment depénible incertitude quand la réponse aux questions antérieu-res de la junte, demandant s’il fallait se réunir ailleurs qu’àMadrid, convoquer les cortès, et faire aux Français une guerrenationale, leur parvint par un messager secret, qui avait misbeaucoup de temps à traverser les Castilles. La première ré-ponse à ces questions avait été affirmative, comme on s’ensouvient, et datée du 5 mai au malin, un peu avant la scènequi avait eu lieu chez le vieux roi Charles IV, et qui avaitdécidé les renonciations. Après mûre réflexion, les membresde la junte, considérant que ce qui s’était passé depuis entrele père et le fils avait changé tout à fait l’état des choses,amené Ferdinand VII à se demettre de la royauté, et à con-seiller lui-même la prudence, crurent ne devoir tenir aucuncompte d’ordres annulés par des résolutions postérieures. Usse montrèrent donc devant Murat tout à fait résignés, prêtsà obéir à ses commandements et à reconnaître le roi que leurdonnerait Napoléon. Ceux notamment qui par conviction ouintérêt adoptaient l’idée d’un changement de dynastie, le mar-quis de Caballero par exemple, étaient disposés à servir acti-vement la nouvelle royauté, surtout si c’était Murat, qu’ilsconnaissaient, qui devait en être investi.
Murat cependant avait autre chose qu’un concours passif àréclamer de leur part. Il avait ordre de faire surgir du seinde la junte et des conseils de Castille et des Indes la demandeformelle de Joseph Bonaparte comme roi d’Espagne. C’étaittrop pour la faiblesse des uns, pour les calculs intéressés desautres. Laisser tomber les droits de la maison de Bourbon,sans prendre la responsabilité du changement de dynastie,était tout ce qu’on pouvait attendre d’eux. Se compromettrepour un prince nouveau, à la condition de le faire sous sesyeux, et d’acquérir ainsi toute sa faveur, aurait pu convenir