BAYONNE.
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aux ambitieux ; mais il ne leur convenait pas de se compro-mettre pour un prince absent, inconnu, qui n’était pas témoinde l’ardeur qu’on mettait à le servir.
Murat trouva donc tous les courages glacés, quand il pro-posa à la junte de se concerter avec les conseils de Castille etdes Indes pour appeler Joseph Bonaparte au trône d’Espagne.Les uns ne cachèrent pas leurs craintes, les autres leur peude zèle pour les intérêts d’un roi absent. Il y avait là de quoiflatter les secrets penchants de Murat, car il était évident quel’initiative des autorités espagnoles eût été plus facile à obtenirs’il se fût agi de lui, soit parce qu’il plaisait, soit parce qu’ilétait sur les lieux. Il n’en insista pas moins beaucoup, et vive-ment, auprès des autorités espagnoles, pour leur arracher cequ’il avait mission d’en obtenir.
Les conseils de Castille et des Indes, qui sous quelquesrapports répondaient, comme nous l’avons dit, à ce qu’étaientautrefois en France les parlements, avaient toujours recherchéles occasions d’étendre leur compétence. Cette fois, loin deviser à l’étendre, ils en firent valoir au contraire les étroiteslimites, en se récriant contre la prétention qu’on voulait leursuggérer de toucher aux droits du trône, et de décider si unedynastie avait mérité d’en descendre, et une autre d’y mon-ter. Cependant, après de nombreuses et actives négociations,dont le marquis de Caballero fut l’intermédiaire, les conseilsde Castille et des Indes aboutirent à une déclaration portantque, dans le cas où Charles IV et Ferdinand VII auraient dé-finitivement renoncé à leurs droits, le souverain qu’ils croyaientle plus capable de faire le bonheur de l’Espagne serait le princeJoseph Bonaparte, qui régnait avec tant de sagesse dans unepartie de l’ancien patrimoine espagnol, dans le royaume deNaples. Ainsi les conseils ne prenaient pas sur eux de pro-noncer sur les droits de Ferdinand VII et de Charles IV, maisse bornaient, en cas de vacance bien reconnue du trône, àtémoigner une préférence, qui n’était après tout qu’une mar-
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Mai 1808.
Déclarationéquivoqueobtenuedes conseilsde Castille etdes Indes.