Band 
[Vol. 4.]
Seite
503
JPEG-Download
 

I

BAYONNE.

503

sance. S’étant bientôt aperçu que l’Espagne était encore plusdénuée qu’il ne l’avait supposé, il revint sur son refus, et sedécida à la secourir, ce qui était une première punition d’avoirvoulu s’en emparer. Cependant il ne voulait pas laisser voirsa main, même en accordant un bienfait, car il savait qu’onse hâterait peu de s’acquitter si on croyait n’avoir que lui pourcréancier. Il imagina donc de faire prêter à l’Espagne centmillions de réaux (25 millions de francs), par la Banque deFrance, sur les diamants de la couronne d’Espagne, que Char-les IY, d’après ses engagements, avait délaisser à Madrid.Les principaux de ces diamants ne s’étant pas retrouvés, parsuite de l’enlèvement qu’en avait fait la vieille reine, Napo-léon u’en conclut pas moins cette opération financière, à desconditions raisonnables, qu’il obtint d’autant plus plus facile-ment de la Banque, qu’elle n’était qu’un préte-nom du tréso-rier de l’armée. Il fut secrètement stipulé avec le gouverneurde la Banque que Napoléon fournirait les fonds, courrait toutesles chances du prêt, mais qu’elle agirait avec toute la pré-caution et l’exigence d’un créancier opérant pour lui-même.Afin de ne pas perdre de temps, Napoléon fit verser sur-le-champ plusieurs millions au trésor de l’Espagne, au moyendes valeurs métalliques qu’il avait réunies à Bayonne. Sonactive prévoyance abrégeait ainsi les délais ordinairementattachés à toutes les transactions.

Avec ce premier secours, d’autant plus efficace qu’il étaiten argent et non en valès royaux ( papier créé sous le princede la Paix, et perdant 50 pour cent), il donna un premierà-compte aux fonctionnaires publics et à l’armée ; mais il ré-serva la presque totalité des ressources en métal pour le ser-vice des ports, service qu’il tenait plus qu’aucun autre àranimer.

Quoiqu’il ne prévit pas une insurrection générale de l’Es-pagne, surtout d’après ce qu’écrivait sans cesse Murat, Napo-léon se défiait pourtant de l’armée. Il en ordonna une distribu-

llai 1808'.

Secoursde 25 millionsaccorde'à l'Espagne,en se cachantderrièrela Banquede France.

Distributionprévoyantede l’arméeespagnole.