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LIVKE XXX.
Ma. 1608. l’impulsion de cette puissante volonté, dont Murat leur trans-mettait à chaque courrier la nouvelle expression, et ils en-voyèrent à Napoléon un tableau de l’état de la monarchie,tableau que nous avons déjà fait connaître. Chose singulière,en demandant ces documents, Napoléon disait à Murat : Il meles faut d’abord pour les mesures que j’ai à ordonner; il meles faut ensuite pour apprendre un jour à la postérité dansquelle situation j’ai trouvé la monarchie espagnole. — Ainsilui-même sentait qu’il aurait besoin, pour se justifier, de mon-trer l’état dans lequel il avait trouvé l’Espagne, et celui danslequel il espérait la laisser. La Providence vengeresse ne vou-lait lui accorder que la moitié de cette justification.
Le premier, le plus urgent besoin de l’Espagne était celuiPremier de l’argent. Murat n’avait pas de quoi fournir le prêt aux trou-
secours d’argent 1
»rEspa"ne P es ; n * de quoi envoyer dans les ports les fonds indispensa-bles pour mettre quelques bâtiments à la mer. Ferdinand VIIavait pu disposer à son avènement de sommes en métaux,lesquelles appartenaient, soit à la caisse de consolidation, soitau prince de la Paix, et qu’on avait arrêtées au moment oùla vieille cour allait partir pour l’Andalousie. 11 les avait em-ployées à faire quelques largesses, et, ce qui valait mieux, àpayer aux rentiers de l’État un à-compte, dont ils avaientgrand besoin, et qu’ils attendaient depuis bien des mois.Après cet emploi, il n’était rien resté. Murat aux abois, réduità puiser pour ses dépenses personnelles dans la caisse del’armée française, avait fait connaître à Napoléon cet étatdésespéré des finances, et demandé instamment un secourspécuniaire, comptant sur les richesses que la victoire avaitmises dans les mains de Napoléon. Mais celui-ci, craignant dedissiper un trésor qu’il destinait à récompenser l’armée en casde prospérité soutenue, ou à créer de grandes ressources dé-fensives en cas de revers, lui avait d’abord répondu qu’iln’avait point d’argent, réponse qu’il faisait toujours quand ons’adressait à lui, à moins qu’il ne s’agît d’œuvres de bienfai-