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Note
pas y songer long-temps, car il renvoya un peu après sa nièce en Ita-lie. Cette scène, attestée par des témoins oculaires, parmi lesquels unfrère de l’Empereur, ne peut laisser de doute.
Quant au second projet , il a existé certainement, ou du moins il ena été question; car une dépêche de M. Yzquierdo, reçue à Madrid parFerdinand au moment où son père abdiquait, et publiée par les Espa-gnols, atteste la discussion de ce projet entre M. Yzquierdo et M. deTalleyrand. De plus, il se trouve une lettre de M. de Talleyrand au dépôtdu Louvre, dans laquelle il expose à Napoléon ce même projet, tandisque M. Yzquierdo l’exposait de son côté à la cour d’Espagne, et à lamême date. Le second projet a donc existé. Fut-il sérieux? Oui, à uncertain degré; car M. de Talleyrand ajoute ces mots dans sa dépêcheà l’Empereur : «Mon opinion est que si cela convenait à Votre Majesté,» on engagerait M. Yzquierdo, cependant avec un peu de peine, à si-» gner ; toutefois en éloignant les troupes du séjour du roi. » Le projetd’en finir, avec ou sans mariage, mais avec l’abandon des provincesde l’Èbre et l’ouverture des colonies, avait donc une certaine réalité,du moins dans l’esprit de M. de Talleyrand, qui était ici le confidentintime de l’Empereur. Mais ce projet ôtait—il tout à fait sérieux ? Était-ilautre chose qu’une éventualité que Napoléon se réservait, en tendantvéritablement à un autre but? Oui, et je crois en effet que c’est là lavérité. Napoléon laissait discuter, dans le courant de février et de mars1808, le projet de terminer les affaires pendantes avec l’Espagne parun abandon de ses provinces de l’Èbre et l'ouverture de ses colonies,avec ou sans un mariage, mais en même temps et plus sérieusement iltendait au détrônement.
Voici les raisons qui déterminent ma conviction à ce sujet :
1 0 Les expressions mômes de M. de Talleyrand prouvent que le projetn’était qu’à moitié sérieux, car si Napoléon n’avait eu que ce but, l’avaiteu sérieusement, on ne se serait pas borné à lui dire : si cela convenaità Votre Majesté. Quand il tendait à un but déterminé, son langage, celuide ses agents, s’empreignant de sa résolution, prenaient un ton pas-sionné, positif, et jamais le ton du doute.
2° S’il n’avait voulu que s’approprier les provinces de l’Èbre, sc faireouvrir les colonies, et conclure un mariage, il n’aurait pas eu besoind’encombrer l’Espagne de troupes; il n’aurait pas eu besoin de donnerdes ordres mystérieux, de faire marcher sur Madrid par toutes les rou-tes à la fois; il n’aurait eu qu’une volonté à exprimer, et la cour d’Es-pagne, après avoir peut-être résisté un moment, aurait cédé infaillible-ment. Il aurait d’ailleurs dit clairement à Murat ce qu’il voulait, au lieude lui laisser le plus grand doute sur l’objet auquel était destinée l’ar-mée française.
3° Enfin Napoléon, qui ne se décidait qu’à la dernière extrémité àfaire à la Russie le sacrifice de discuter le partage de l’empire turc, cequi ôtait un pas vers le partage lui-même, n’aurait pas, vers le milieu