DU LIVKE XXIX.
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Il somma d’abord le Portugal, qui laissa bientôt voir sa complicitésecrète avec l’Angleterre, et il résolut de s’en emparer. Ne pouvant pasle posséder directement, il eut l’idée de le partager avec l’Espagne,moyennant la cession de la Toscane. C’est le moment (octobre 1807)où la question de la Péninsule tout entière fut visiblement soulevée dansson esprit, par la question du Portugal. Des mots échappés dans seslettres, de premiers ordres montrent une pensée naissante, et naissantepar suite des événements de Copenhague. C’est à ce même moment queles indignes scènes de TEscurial aboutirent au projet insensé d’intenterun procès criminel au prince des Asturies, pour le faire déclarer déchude ses droits à la couronne, et les transmettre on ne sait à qui, auprince de la Paix probablement, sous le titre de régent. Alors il ressortdes ordres de Napeléon que les indignités de la cour d’Espagne furentune provocation pour son ambition; car, en calculant la marche descourriers d’après les vitesses de cette époque, on voit que c’est à lanouvelle même du procès de TEscurial que commencèrent les mouve-ments de troupes, puisqu’un instant il alla jusqu’à prescrire de les fairepartir en poste, ordre suspendu depuis lorsqu’il reçut à Paris la nou-velle du pardon royal accordé au prince des Asturies.
Amené par l’événement de Copenhague et l’obligation de continuerla guerre à prendre le Portugal, Napoléon eut ainsi l’esprit attiré versles affaires de la Péninsule, et par le procès de TEscurial sa volonté futprovoquée jusqu’à vouloir s’en mêler par la force. Un répit ayant été lasuite du pardon accordé à Ferdinand, il partit pour l’Italie en novem-bre 1807.
Il est évident par ce qui se passa à Mantoue avec Lucien Bonaparteque Napoléon songeait alors à un mariage de Tune de ses nièces avecFerdinand, et qu’il n’était pas fixé sur le détrônement des Bourbons.Cependant il donna en Italie même des ordres pour la marche des trou-pes, et des ordres qui prouvent que ces troupes n’étaient pas de simplesrenforts envoyés à l’armée de Portugal ( comme seraient portés à lecroire ceux qui prétendent qu’avant la révolution d’Aranjuez Napoléonne pensait à rien), mais des troupes destinées à résoudre l’affaire d’Es-pagne elle-même, puisque c’est en Italie qu’il organisa la division Du-hesme, chargée d’envahir la Catalogne.
Arrivé à Paris en janvier 1808, ses ordres se multiplièrent, et prou-vent par leur succession rapide que la résolution mûrissait, et qu’ilvoulait en finir avec les Bourbons d’Espagne.
11 avait deux manières, ou trois, si Ton veut, de résoudre la question :
1 0 Donner une princesse française à Ferdinand , en n’exigeant aucunsacrifice de la part de l’Espagne.
2° Donner une princesse française, en exigeant les provinces de l’Èbreet l’ouverture des colonies espagnoles.
3° Détrôner les Bourbons.
Quant au premier projet, le plus sage à mon avis, Napoléon ne dut