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[Vol. 4.]
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NOTE OU LIVRE XXX.

idées accoutumées, approuva tout, et probablement reprit sa lettre, oudéfendit à M. de Tournon de la remettre, ou fit courir après lui pour luidire de ne pas la remettre, les choses étant changées. Quoi qu’il en soitil est certain qu’elle ne fut pas remise, car Murat n’en parle pas plusque si elle n’avait pas été écrite, bien qu’il sût par les propos de M. deTournon que l’Empereur avait éprouvé contre lui un mécontentementpassager.

Ce qui est certain, c’est qu’entre le 24 mars au soir et le 4 avril ausoir, M. de Tournon alla de Burgos à Paris, de Paris à Madrid; ce quisuppose qu’il ne s’arrêta pas un moment, et ce qui le place à Paris le29, jour même où il fit varier l’Empereur et écrire la lettre dont il s’agit.Tout s’explique alors comme en le voit, et c’est la phrase où il est ditque M. de Tournon remettra la lettre en question qui, la rattachant à lui,m'a permis, en recherchant ses opinions personnelles et en conférantles dates, de tout éclaircir.

Maintenant comment cette lettre, qui n’est pas au Louvre, est-elleparvenue à la publicité? Je l’ignore. M. de Tournon est mort. M. de LasCases, qui l’a imprimée le premier, est mort. 11 est possible que M. deLas Cases l’ait reçue de Napoléon, en preuve de ce qu’il ne s’était pascomplètement abusé sur les événements d'Espagne. II est possible aussiqu’elle soit arrivée par quelque dépositaire inconnu, et qu’aujourd’huion ne peut plus retrouver. Mais le style et certains détails prouvent d’unemanière irréfragable que la lettre n’a pas été inventée; d’autres détailségalement authentiques prouvent qu’elle n’a pas été remise ; les opinionsconstatées de M. de Tournon, le soin de l’en charger, la rattachent àlui; les dates la placent à un moment qui dut être pour Napoléon celuide grandes inquiétudes, et la contradiction si apparente se trouve ainsiexpliquée. Napoléon fut un instant ébranlé, dicta les contre-ordres con-tenus dans cette lettre ; puis, rassuré par la nouvelle de l’heureuse entréeà Madrid, revint à ses premiers projets, et ne donna pas cours à unelettre qui s’est retrouvée plus tard, et dont on a voulu faire une justifica-tion. Elle ne prouve qu’une chose, c’est que l’esprit de Napoléon l’éclai-rait toujours, tandis que ses passions l’entraînaient souvent, et qu’ilaurait mieux fait d’écouter l’un que les autres. J’ai cru ce point d’histoireimportant à constater pour l’étude du cœur humain, et j’espère que lepublic consciencieux reconnaîtra que je me suis donné peur arriver àla vérité des peines que les historiens ne prennent pas communément,outre que j’avais des documents qu’ils ont moins communément encore.

FIS DES NOTES.