BAYLEN.
41
tagnes de la Biscaye dans le Duero, après avoir traversé Val- Juin ta»,ladolid. Pendant qu’ils se portaient ainsi en avant, le généralFrère, au contraire, quittant l’Escurial, faisait un mouvementen arrière sur Ségovie insurgée. La Vieille-Castille était donc Prisetraversée par deux colonnes, l’une s’avançant sur la route '«lellëgêvVe 1
j ' • p ar | ;i dlyislon
de Burgos à Madrid, l’autre rebroussant chemin sur cette ,r «e-même route. Le général Frère, ayant une moindre distance àparcourir, arriva le premier sur Ségovie, qu’il trouva occu-pée par les élèves du collège d’artillerie, et par une nuée depaysans qui l’avaient envahie, en y commettant toute sorted’excès. Ils avaient complètement barricadé la ville, et misen batterie l’artillerie servie par les élèves du collège. Cesobstacles tinrent peu devant nos troupes, qui avaient toutel’ardeur de la jeunesse, et qui étaient depuis une année dansles rangs de l’armée sans avoir tiré un coup de fusil. Ellesescaladèrent avec uno incroyable vivacité les barricades deSégovie, tuèrent à coups de baïonnette un certain nombrede paysans, et expulsèrent les autres, qui s’enfuirent aprèsavoir pillé les maisons qu’ils étaient chargés de défendre. Lesmalheureux habitants s’étaient dispersés, pour ne pas setrouver exposés à tous les excès des défenseurs et des as-saillants de leur ville. Ils n’évitèrent pas les excès des pre-miers, et furent, cette fois du moins, fort ménagés par lesseconds. On dut comprendre pourquoi les classes aisées enEspagne inclinaient à la soumission envers la France, placéesqu’elles étaient entre une populace sanguinaire et pillarde, etles armées françaises exaspérées. Le général Frère traita fortdoucement la ville de Ségovie, mais s’empara de l’immensematériel d’artillerie renfermé dans le collège militaire.
Les prétendus défenseurs de Ségovie s’étaient repliés à ladébandade sur Valladolid, comme s’ils eussent été poursuivispar le général Frère, qui n’avait cependant pas de cavalerieà lancer après eux. Le directeur du collège militaire de Sé- Meurtre
£ de don Miguel
govie, don Miguel de Cevallos, s’était retiré avec eux à Val- decevaiios,