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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juiü 1808 .

gouverneurdu collegede Sdgovte,par les défen*saurs fugitifsde cette ville.

Défaitede don Grego-rio de la Cuestapar

les troupesdu généralLasalle,au pontde Cat>ezon.

ladolid. Suivant l’usage des soldats qui ont fui devant l’ennemi,les insurgés échappés de Ségovie prétendirent que M. deCevallos, par sa lâcheté ou sa trahison, était l’auteur de leurdéfaite. Il n’en était rien pourtant, mais on le constitua pri-sonnier, et on le conduisit ainsi à Valladolid. Au moment oùil y entrait, une grande rumeur éclata. Les nouvelles recruesde l’insurrection faisaient l’exercice à feu sur une place qu’iltraversait. Elles se ruèrent sur lui, et malgré les cris de safemme, qui l’accompagnait, malgré les efforts d’un prêtrequi, sous prétexte de recevoir sa confession, demandaitq ’on lui accordât quelques instants, il fut impitoyablementégorgé, puis traîné dans les rues. Des femmes furieuses pro-menèrent dans Valladolid les lambeaux sanglants de soncadavre.

Ce triste événement, qui faisait suite à tant d’autres dumême genre, causa au capitaine-général, don Gregorio de laCuesta, devenu malgré lui chef de l’insurrection de la Vieille-Castille , une impression douloureuse et profonde. Aussi n’osa-t-il pas résister aux cris d’une populace extravagante, quidemandait qu’on courût en toute hâte au-devant de la colonnefrançaise en marche de Burgos sur Valladolid. C’était, commenous l’avons dit, celle des généraux Lasalle et Merle, partisde Burgos avec quelques mille hommes d’infanterie et unmillier de chevaux, c’est-à-dire deux ou trois fois plus deforces qu’il n’en fallait pour mettre en fuite tous les insurgésde la Vieille-Castille. Le vieux et chagrin capitaine-généralpensait avec raison que c’était tout au plus si on pourrait,dans une ville bien barricadée, et avec la résolution de sedéfendre jusqu’à la mort, tenir tête aux Français. Mais il re-gardait comme insensé d’aller braver en rase campagne lesplus vigoureuses troupes de l’Europe. Menacé cependant d’unsort semblable à celui de don Miguel de Cevallos s’il résistait,il sortit avec cinq à six mille bourgeois et paysans encadrésdans quelques déserteurs de troupes régulières, cent gardes