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LIVRE XXXI.
Juin 1808. blessés, rentra dans Barcelone le 7 juin, exténué de fatigue. Ilétait évident que ces paysans fanatiques, sans force en rasecampagne, deviendraient fort redoutables derrière des mai-sons , des rues barricadées, des ponts obstrués, des rochers,des buissons, derrière tout obstacle enfin dont ils pourraientse couvrir pour combattre.
Le 8 et le 9 juin, les insurgés, enhardis par la retraite dugénéral Schwartz, eurent l’audace de venir s’établir sur leLlob-regat, occupant en force les villages de San-Boy, San-Felice,Molins del Rey. Leur plan consistait toujours à envelopper legénéral Duhesme, et à intercepter les communications entreiiriMante e t le général Chabran. Le général Duhesme sentit qu’il étaitct contre s ° impossible de laisser s’accomplir un pareil dessein, et il sortitpostè's sur le 10 juin de Barcelone en trois colonnes, pour enlever la po-sition des insurgés. Arrivés à la pointe du jour le long duLlobregat, nos soldats le traversèrent, ayant de l’eaù jusqu’àla ceinture, coururent ensuite sur les villages occupés parl’ennemi, les enlevèrent à la baïonnette, y prirent beaucoupd’insurgés, dont ils tuèrent un nombre considérable, et puni-rent San-Boy en le livrant aux flammes. Le soir ils rentrèrenttriomphants dans Barcelone, amenant l’artillerie ennemie, augrand étonnement du peuple qui avait espéré ne pas les re-voir. Ce fait d’armes imposa un peu à la population tumul-tueuse de cette grande ville, et maintint dans leur hésitationles classes aisées, qui, là comme partout, étaient partagéesentre leur orgueil national profondément blessé, et la crainted’une lutte contre la France, sous la domination d’une multi-tude effrénée. Cependant le général Duhesme, inquiet pour legénéral Chabran, qui était loin de lui à Tarragone, écrivit àBayonne que la course prescrite à ce général pour donner lamain au maréchal Moncey sous les murs de Valence, présen-tait les plus grands périls, tant pour la division Chabran elle-même que pour les troupes restées à Barcelone. Il demandapar ces motifs la permission de le rappeler.