Band 
[Vol. 5.]
Seite
58
JPEG-Download
 

58

LIVRE XXXI.

Juin 1803.

Arrivéede l'armeefrançaisedevantCordoue.

Sommation

restee

fans re'ponse.

I.es portesde Cordoueforcéesà coupsde canon.

Cette brillante action ne nous avait pas coûté plus de 140hommes tués ou blessés. Nous en avions tué deux ou troisfois dàvantage dans l’intérieur du village d’Alcolea.

Le pont d’Alcolea enlevé, il fallait quelques instants pourcombler le fossé de la redoute, et y faire passer l’artillerie etla cavalerie de l’armée. On s’en occupa sur-le-champ, et onfranchit le pont en laissant pour le garder le bataillon desmarins de la garde. Le gros des Espagnols s’était rallié, surla route de Cordoue, au sommet d’un plateau qui d’un côtése terminait au Guadalquivir, de l’autre se reliait à la Sierra-Morena. L’armée française était au pied du plateau en colonneserrée par bataillon, la cavalerie et l’artillerie dans les inter-valles. Après lui avoir laissé prendre haleine, le généralDupont la porta en avant. À la seule vue de ces troupesmarchant à l’ennemi comme à la parade, les Espagnols s’en-fuirent en désordre, et nous livrèrent la route de Cordoue. Ouleur fit encore quelques prisonniers, et on s’empara d’unepartie de leur artillerie.

On marcha sans relâche, malgré la brûlante chaleur dumilieu du jour, et à deux heures de l’après-midi on aperçutCordoue, ses tours, et la belle mosquée, aujourd’hui cathé-drale , qui la domine. Le général Dupont ne voulait pas donneraux insurgés le temps de se reconnaître, et d’occuper Cor-doue de manière à en rendre la prise difficile à une arméequi n’avait avec elle que de l’artillerie de campagne. En con-séquence, il résolut de l’enlever sur-le-champ. Il voulutcependant la sommer pour lui épargner une prise d’assaut.11 manda le corrégidor, qui s’était caché par peur des Espa-gnols autant que des Français. Ce magistrat ne parut point.Les insurgés refusèrent d’écouter un prêtre qu’on leur envoya,et tirèrent sur tous les officiers français qui s’approchèrentpour parlementer. La force était donc le seul moyen de s’in-troduire dans Cordoue. On fit approcher du canon, on enfonçales portes, et on entra en colonne dans la ville. Il fallut prendre