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LIVRE XXXI.

juin 1808. et qui eut d’affreuses conséquences, par le retentissementqu’il produisit plus tard en Espagne et en Europe. Le généralDupont fit battre la générale pour ramener les soldats audrapeau; mais ou ils n’entendaient pas, ou ils refusaientd’obéir, et de toute l’armée il n’était resté en ordre que lacavalerie et l’artillerie, demeurées hors de Cordoue, et atta-chées à leurs rangs, l’une par ses chevaux, l’autre par sescanons. Un corps ennemi, revenant sur ses pas, aurait pristoute l’infanterie dispersée, gorgée de vin, plongée dans lesommeil et la débauche. Ce furent cette fatigue môme, cetteivresse hideuse, qui mirent un terme au désordre; car nossoldats n’en pouvant plus s’étaient jetés à terre au milieu desmorts, des blessés, côte à côte avec les Espagnols qu’ilsavaient pris ou tués.

Le lendemain matin, au premier coup de tambour, ces

(■'tuhiifsoinent mêmes hommes, redevenus dociles et humains, comme de

île l'ordre à

cunioue. coutume, reparurent tous au drapeau. L’ordre fut immédia-tement rétabli, et les infortunés habitants de Cordoue tirésde la désolation où ils avaient été plongés pendant quelquesheures. Sauf l’archevôché qui avait été pris d’assaut, et où setrouvait l’état-major des révoltés, les lieux saints avaient engénéral échappé à la dévastation, bien que les couventsfussent réputés les principaux foyers de l’insurrection. Onretira le soldat do chez l’habitant, on le caserna dans les lieuxpublics, on lui fit des distributions régulières pour qu’il n’yeût aucun prétexte à l’indiscipline, et on remit ainsi touteschoses à leur place. Le sac des soldats fut visité ; l’argentdont on les trouva porteurs fut versé à la caisse de chaquerégiment. On avait pris plusieurs dépôts de numéraire, lesuns appartenant aux révoltés et provenant des dons volon-taires faits par les particuliers et le clergé à l’insurrection,les autres appartenant au trésor public. Le montant des unset des autres fut réuni à la caisse générale de l’armée pour