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LIVRE XXXI.
Juillet 18C8.
Heureuseinfluencede la victoirede Kio-Seco.
Josephaccélèresa marche,et se décideà entrer dansMadrid.
Accueilque Josephreçoitdu peuplede Madrid.
d’une attaque bien conçue, et exécutée avec une grandevigueur.
Le maréchal Bessières remit le lendemain son armée enordre, et marcha vivement sur Léon pour achever de disperserles insurgés, qui fuyaient de toute la vitesse de leurs jambes,excellentes comme des jambes espagnoles.
La nouvelle de notre victoire de Rio-Seco apporta, pour lemoment du moins, un notable changement dans le langage etles dispositions des Espagnols. Ils crurent un peu moins quele nord, c’est-à-dire la route de Madrid, allait nous échapper,et tout notre établissement dans la Péninstule périr parla base.
Joseph, continuant à marcher avec la même lenteur, étaitarrivé à Burgos. Il avait tâché de gagner des cœurs sur sa route,et s’était appliqué à les conquérir à force de prévenances etd’affectation d’humanité, donnant toujours tort aux soldatsfrançais et raison aux insurgés. S’apercevant néanmoins queles conquêtes qu’il faisait compensaient peu le temps qu’ilperdait, recevant du général Savary l’invitation réitérée devenir se montrer à sa nouvelle capitale, rassuré surtout parla victoire de Rio-Seco, il mit fin à ces inutiles caresses en-vers des populations qui n’y répondaient guère, et se renditd’un trait de Burgos à Madrid. II y entra le 20 au soir, aumilieu d’une froide curiosité, n’entendant pas un cri, si cen’est de la part de l’armée française qui, bien que peu con-tente de lui, saluait en sa personne le glorieux Empereur,pour lequel elle allait en tous lieux combattre et mourir.
Joseph, quoique entré à Madrid après une victoire de l’ar-mée française, qui devait rétablir la balance de l’opinion ensa faveur, y trouva comme ailleurs une répugnance à s’ap-procher de sa personne vraiment désespérante. Les ministresqui avaient accepté de le servir étaient consternés et lui dé-claraient que, s’ils avaient prévu à quel point le pays étaitcontraire à la nouvelle royauté, ils n’auraient pas embrassé