B A Y LE N.
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ligne espagnole, culbutée connue la première, lâcha pied tout-entière, fuyant en désordre sur le plateau deMedina deRio-Seco,et cherchant à se sauver vers cette ville. A l’instant, les douzecents chevaux de Lasalle, lancés sur une masse de vingt-cinqmille fuyards, saisie d’une indicible terreur, jetant ses armes,poussant les hurlements du désespoir, en firent un horriblecarnage. Bientôt cette plaine immense ne présenta plus qu’unspectacle lamentable, car elle était jonchée de quatre à cinqmille malheureux abattus par le sabre de nos cavaliers. Lesvastes champs de bataille du Nord, que nous avions couvertsde tant de cadavres, n’étaient pas plus affreux à voir. Dix-huit bouches à feu, beaucoup de drapeaux, une multitude defusils abandonnés en fuyant, restèrent en notre pouvoir.Tandis que la cavalerie, n’ayant d’autre noyen de faire desprisonniers que de frapper les fuyards, s’acharnait à sabrer,l’infanterie avait couru sur la ville de Médina. Ses habitants,sur le faux rapport de quelques soldats qui avaient quitté lechamp de bataille avant la fin de l’action, croyaient l’arméeespagnole victorieuse, et étaient tous aux fenêtres. Mais bien-tôt ils furent cruellement détrompés en voyant passer sousleurs yeux le torrent des fuyards. Une partie des soldats es-pagnols, retrouvant leur courage derrière des murailles,s’arrêtèrent pour résister. Le général Mouton, avec le 4 e légeret le 15 e de ligne, y entra à la baïonnette, et renversa tousles obstacles qu’on lui opposa. Au milieu de ce tumulte, lessoldats, se conduisant comme dans une ville prise d’assaut,se mirent à piller Médina, livrée pour quelques heures à leurdiscrétion. Les moines franciscains, qui des fenêtres de leurcouvent avaient fait feu sur les Français, furent passés au filde l’épée.
Cette sanglante victoire, qui nous soumettait tout le nordde l’Espagne, et devait décourager pour quelque temps lesinsurgés de cette région de descendre dans la plaine, ne nousavait coûté que 70 morts et 300 blessés. C’était l’heureux effet
Juillet 180c:,
Affreusedéroutede Parme*. 1espagnole.