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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juillet 1808.

Arrivéedu maréchalMonceyau milieude

la plainede valence.

Apparitionde l’arméesous les mursde Valence.

sauvage qu’on venait de parcourir. Mais l’artillerie espagnole,tombée tout entière au pouvoir des Français, fournit des piè-ces de rechange, et le 26 la colonne se mit en mouvementsur Chiva. Le lendemain 27 elle déboucha dans la belle plainede Valence, coupée de mille canaux par lesquels se répanden tous sens l’eau du Guadalaviar, couverte de chanvres d’unehauteur extraordinaire, parsemée d’orangers, de palmiers etde toute la végétation des tropiques. Cette vue était faite pourréjouir nos soldats, fatigués des tristes lieux qu’ils avaientparcourus. Mais si, grâce à la lenteur de leur marche, ils arri-vaient en assez bon état, ralliés tous au drapeau, suffisam-ment nourris et très - capables de combattre, ils trouvaientaussi, par suite de cette même lenteur, l’ennemi bien préparé,et en mesure de défendre sa capitale. Il fallait traverser àdeux lieues de Valence, au village de Quarte, le grand canalqui détourne les eaux du Guadalaviar, rétablir le pont de cecanal qui était coupé, enlever le village de Quarte, plus unemultitude de petits postes embusqués à droite et à gauchedans les habitations de la plaine, ou cachés par la hauteurdes chanvres. Ces obstacles arrêtèrent peu nos troupes, quifranchirent le canal, rétablirent le pont, enlevèrent le village,et, courant à travers les champs et les petits canaux, tuèrent,en perdant elles-mêmes quelques hommes, les nombreux ti-railleurs qui, de tous côtés, faisaient pleuvoir sur elles unegrêle de balles.

Le soir, on bivouaqua sous les murs de Valence. Le maré-chal Moncey résolut de brusquer la ville en attaquant lesdeux portes de Quarte et de Saint-Joseph, qui s’ofïraient lespremières à lui en venant de Requena. Un gros mur entouraitValence. Des eaux en baignaient le pied. Des chevaux defrise, des obstacles de tout genre, couvraient les portes, etdes milliers d’insurgés postés sur le toit des maisons étaientprêts à faire un feu de mousqueterie des plus meurtriers.

Le 28, dès la pointe du jour, le maréchal Moncey, après