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LIVRE XXXI.

Juillet 1806.

Inquiétudessur le gén&üDupont,et nouveauxrenfort*envoyés enAndalousie,

sage, et exerçant une énergique répression. Le général Ver-dier, toujours arrêté devant Saragosse, était néanmoins maî-tre de l’Àragon, et avait envoyé sous le général Lefebvre unecolonne qui avait châtié la ville de Calatayud. Enfin à Rio-Seco, comme on vient de le voir, nous avions anéanti la seulearmée considérable qui se fût encore présentée à nous. Notreascendant était donc assuré dans le nord. La difficulté con-sistait dans le midi. Là, le général Dupont, campé sur le Gua-dalquivir, et adossé à la Sierra-Morena, avait affaire à unearmée qui semblait nombreuse, composée non-seulement d’in-surgés, mais de troupes de ligne. Les Espagnols ne se bor-naient pas à tenir la campagne devant lui; ils l’avaient réduità la défensive dans la position d’Andujar, et, si un malheurarrivait sur ce point, les insurgés de l’Andalousie et de Gre-nade , ralliant ceux de Carthagène et de Valence d’une part,ceux de l’Estrémadure de l’autre, pouvaient traverser laManche, et se présenter sous Madrid en force considérable,ce qui eût donné à la guerre une face toute nouvelle. Toute-fois on était loin de craindre un tel malheur, malgré ce quedébitaient les Espagnols à ce sujet. Le général Dupont, eneffet, avait reçu la division Vedel, ce qui portait à 16 ou 17mille hommes son corps d’armée. On comptait sur son habi-leté éprouvée ; on n’imaginait pas que le général qui devantAlbeck s’était trouvé avec six mille hommes en présence desoixante mille Autrichiens, et qui s’était tiré de cette positionen faisant quatre mille prisonniers, pût succomber devant desinsurgés indisciplinés, dont le maréchal Bessières venait defaire une si affreuse boucherie avec si peu de soldats. On pre-nait donc confiance sans être entièrement rassuré. D’accordavec Napoléon, qui ne pouvait diriger les événements militai-res que de loin, et avec l’incertitude de direction naissant dutemps et des distances, le général Savary avait envoyé legénéral Gobert à Madridejos, pour y remplacer la divisionFrère, troisième du général Dupont, employée, comme on l’a