112
LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Le généralleding profite
l’évacuationde Baylenpour s’yprésenter.
Il parut en vue d’Andujar avec toutes ses troupes, dans lamatinée du 16. Le général Dupont, loin de le réprimanderpour sa précipitation, céda lui-même au plaisir de se sentirrenforcé en présence d’un ennemi qui se montrait plus nom-breux que la veille, et plus disposé à une attaque sérieuse ;il approuva et remercia même le général Vedel. Les soldats,qui n’avaient pas vu de Français depuis deux mois, poussè-rent des cris de joie en apercevant leurs camarades, et ilscrurent qu’on allait enfin punir les Espagnols de leur jactance.C’était le cas effeetivemeut de réparer les fautes déjà commi-ses, en se jetant sur l’ennemi, avec 14 mille Français, 2 milleSuisses, et en le repoussant loin de soi pour long-temps. Rienn’eût été plus facile avec l’ardeur qui animait nos jeunes sol-dats. Mais le général Dupont laissa les Espagnols canonnerAndujar toute la journée, se bornant à jouir de leur hésita-tion, de leur inexpérience, sans faire contre eux autre choseque de leur envoyer de temps en temps quelques volées decanon. Les Espagnols, voulant forcer la position d’Andujar,mais ne l’osant pas, descendirent, remontèrent plusieurs foisdans la journée, des hauteurs qu’ils occupaient jusqu’au borddu fleuve, du bord du fleuve jusque sur les hauteurs, et n’es-sayèrent jamais de le franchir en présence de nos baïonnet-tes. Un moment ils firent mine de traverser le Guadalquivir,sur la gauche d’Andujar, vers le point de Villanueva maisde ce point on apercevait sur la rive opposée la division Ve-del en marche, et cette vue glaça leur courage. La journées’acheva donc aussi paisiblement que la veille', avec très-peude morts et de blessés de notre côté, mais un assez grand nom-bre du côté des Espagnols, infiniment plus maltraités par notrecanonnade, quoiqu’elle fût plus rare et plus lente que la leur.
Les choses ne s’étaient pas aussi bien passées du côté deBaylen et au bac de Menjibar. Le 16 au matin, pendant quele général Vedel marchait sans nécessité sur Andujar, le gé-néral Reding, qui, à la tête de l’armée de Grenade, avait fait