BAYLEN.
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des Espagnols, qui, à cette vue, se mirent en bataille et ac-cueillirent nos cavaliers à coups de fusil. Mais le colonel dece régiment de dragons discerna très-clairement le mouve-ment des Espagnols de leur gauche à leur droite vers Menji-bar, c’est-à-dire vers Baylen, et il en fit tout de suite sonrapport au général en chef Dupont. Celui-ci, frappé d’abordde cette circonstance, prit un instant la salutaire résolution,qui eût changé sa destinée et peut-être celle de l’Empire, dedécamper dans la journée, pour marcher sur Baylen. Sansconnaître le secret de l’ennemi, il était évident, par la direc-tion que suivaient les Espagnols, et même par les faux bruitsd’une tentative sur la Caroline, que le danger s’accumulaitvers la gauche des Français, vers Baylen, vers la Caroline, etque se concentrer sur ces points était la plus sûre de toutesles manœuvres. De plus, la nouvelle que le général Dupontreçut le soir du départ du général Vedel pour la Caroline àla suite du général Dufour, et de la complète évacuation deBaylen, aurait dû le décider à se mettre en route immédiate-ment. Il était temps encore dans la soirée du 1 7 de se porterà Baylen, puisque les Espagnols n’y devaient entrer que le 18.
Mais le général Dupont, toujours offusqué de la masse d’en-nemis qu’il avait devant lui à Andujar, ayant de la peine àcroire que le danger se fût déplacé, ayant surtout une quan-tité immense de malades à emporter, et n’en voulant laisseraucun, car tout homme laissé en arrière était un malheureuxlivré à l’assassinat, remit au lendemain l’exécution de sa pre-mière pensée, afin de donner à l’administration de l’arméeles vingt-quatre heures dont elle avait besoin pour l’évacua-tion des hôpitaux et des bagages ; retard funeste et à jamaisregrettable !
La résolution de décamper fut donc remise au lendemain18. Ce jour-là, en effet, le général Dupont reçut des nouvel-les des généraux Dufour et Vedel : il apprit qu’ils cherchaienttoujours l’ennemi dans le fond des gorges, qu’ils s’étaient
Juillet 1808.
Sur un indicerecueilli parla cavalerie,le generalDupont prendla résolutionde décamper,et mallieureuse>ment
en ajournel’exécutionde
vingt* quatreheures.