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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI

Juillet 1S08.

Retraite(l'Aiuhijarordonnéepour la nuitdu

18 au 19.

Marchede l'arméed’Andujar àBaylen.

avancés jusqu’à Guarroman sans le trouver, qu’ils allaientmarcher sur la Caroline et Sainte-Hélène, partout enfin oùl’on disait qu’il était ; qu’ils voulaient l’attaquer avec impé-tuosité , le détruire, et ensuite prendre leur position à Bavlen,soit pour y rester, soit pour rejoindre le général en chef àAndujar. Mais, en attendant, Baylen était découvert, exposéà tomber devant le plus faible détachement, et tout annonçaitque les Espagnols y marchaient en force. Une patrouille ayantpoussé dans la journée jusqu’au bord du Rumblar, torrentqu’il faut franchir pour se rendre d’Andujar à Baylen, avaitrencontré des troupes ennemies. On devait donc se hâter, etquitter Andujar sans perdre un moment, pour être à Baylenavant les Espagnols.

Le général Dupont, n’ayant encore aucune inquiétude sé-rieuse, et croyant que les troupes aperçues au bord du Rum-blar n’étaient qu’un détachement envoyé en reconnaissance,donna ses ordres pour la journée même du 18. Il ne voulutpoint se mettre en route avant la nuit, afin de dérober sonmouvement au général Castanos, et d’avoir sur lui sept ouhuit heures d’avance. Il aurait pu faire sauter le pont d’An-dujar, ce qui aurait retardé la poursuite des Espagnols ; mais,craignant d’avertir l’ennemi par une pareille explosion, il secontenta d’obstruer ce pont de telle manière qu’il fallût uncertain temps pour le débarrasser, et à la nuit tombante, en-tre huit et neuf heures du soir, il commença à décamper.Malheureusement il avait, comme nous l’avons dit, une im-mense quantité de bagages, le nombre des malades ayantsingulièrement augmenté par suite de la chaleur et de la mau-vaise nourriture. La moitié du corps d’armée était atteinte dela dyssenterie. On n’avait admis aux hôpitaux que les plusaffaiblis, et on avait retenu dans les rangs une quantité d’hom-mes qui pouvaient à peine porter leurs armes. On plaça surdes voitures les plus malades entre les malades, et cinq à sixcents hommes qu’on n’avait pas le moyen de transporter sui-