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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Premierengagemententre l'arméeespagnoleet la brigadeChabert.
Arrivéetardivedu restede l’arméefrançaise.
front, lorsque notre avant-garde l’avait arrêtée dans ce mou-vement.
A peine avions-nous refoulé les bataillons espagnols quiobstruaient la route, et débouché dans cette plaine, que l’ar-tillerie des Espagnols vomit sur nos troupes un horrible feude boulets et de mitraille. Sur-le-champ le général Chabert fitplacer ses six pièces de 4 en batterie. Mais elles n’avaientpas plutôt tiré quelques coups qu’elles furent démontées etmises hors de service. Que pouvaient en effet six pièces de 4contre plus de vingt-quatre pièces de 12 bien servies? Vershuit heures du matin, quand ce combat durait déjà depuisquatre heures,"survinrent le reste de l’artillerie, la cavalerieet la brigade suisse composée des régiments de Preux et Re-ding. La brigade Pannetier, qui fermait la marche avec lesmarins de la garde, eut ordre, à son arrivée, de s’établir enarrière-garde au petit pont du Rumblar, de manière à eninterdire le passage aux troupes du général Gastaiios, si, parhasard, celui-ci était à la poursuite de l’armée. C’était unnouveau malheur, après tant d’autres, de ne pas jeter enmasse tout ce qu’on avait de forces pour faire une trouée surBaylen, et rejoindre ainsi les divisions Vedel et Dufour.
Quoi qu’il en soit, le combat, à l’arrivée des renforts, devintplus vif et plus général. On déboucha dans la petite plaine deBaylen avec la brigade Chabert, la brigade suisse, et la ca-valerie , en s'efforçant de gagner du terrain. Notre artillerieavait cherché en vain avec du 4 et du 8 à faire taire la for-midable batterie de 12 qui couvrait le milieu de la ligne es-pagnole. A chaque instant elle voyait ses pièces démontéessans causer grand mal à celles de l’ennemi. Seulement ellelançait des boulets au milieu de la masse profonde des Es-pagnols, et y emportait des files entières. La brigade suissedes régiments de Preux et Reding, placée au centre, se com-portait avec fermeté, bien qu’il lui en coûtât de se battrecontre les Espagnols, qu’elle avait toujours servis, et contre