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LIVRE -XXXI.
Juillet 1803.
État
cli; la bataillevers le milieu<lu jour.
Découragementde nos jeunessoldatsà l'aspectdes masses-de l’ennemiqu’on n’aaucun espoird’enfoncer.
Attaquegénéraleet désespéréesur
tout le frontde la ligneespagnole.
dant ce temps, la brigade suisse continue à se maintenir aumilieu de la plaine avec la même fermeté, tandis que le bravegénéral Dupré, amené en ligne avec ses chasseurs à cheval,exécute des charges brillantes sur le centre des Espagnols.Mais chaque fois qu’on les charge à droite, à gauche, au cen-tre, à coups de baïonnette ou de sabre, ils se replient surdeux lignes immobiles, qu’on aperçoit au fond du champ debataille comme un impénétrable mur d’airain. Ces deux lignes,outre leur nombre trois ou quatre fois supérieur au nôtre,sont appuyées en arrière au bourg de Baylen, protégées surleurs ailes par des hauteurs boisées, couvertes enfin sur leurfront par une artillerie formidable. A ce spectacle, nos soldatscommencent à sentir leur courage défaillir. 11 est dix heuresdu matin, la chaleur est accablante; hommes et chevaux sonthaletants, et sur ce champ de bataille, dévoré par le soleil, iln’y a nulle part ni une goutte d’eau ni un peu d’ombre pourse rafraîchir pendant les courts intervalles d’une horrible lutte.
Mais que fait en ce moment le général Vedel, hier et avant-hier si prompt à se déplacer, qui est venu quand on n’avaitaucun besoin de lui, et qui ne vient pas alors que sa présenceserait si nécessaire ? On l’attend toutefois, car il ne peut tar-der d’accourir au bruit du canon qui, dans ces gorges pro-fondes, doit retentir jusqu’à la Caroline. Le général Dupontle fait annoncer dans les rangs afin de ranimer ses soldats,puis il se décide à tenter un mouvement général pour enleverd’assaut la position. 11 parcourt le front de ses troupes, faitapporter devant elles les drapeaux pris par la cavalerie, et àcet aspect leur jeune courage réveillé éclate en cris de Vivel’Empereur ! Quelques officiers, inspirés par le danger, con-seillent alors de se former en colonne serrée sur la gauche,et de charger sur un seul point, celui même qui peut donnerpassage vers la route de Baylen à la Caroline, c’est-à-direvers la division Vedel, et de se sauver en se résignant à unsacrifice douloureux, mais nécessaire, celui des bagages rem-