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plis de nos malades. Le général Dupont, toujours aveuglé dansces fatales journées, ne sent pas le mérite de ce conseil. Ilpersiste à charger de front toute la ligne des Espagnols,comme s’il voulait enlever d’un coup leur armée entière. Surun signal donné, ses soldats se précipitent en masse sur l’en-nemi. Mais un horrible feu tant de mitraille que de mousque-terie les accueille, et leur ligne flotte et chancelle. Les officiersla redressent, la ramènent en avant, tandis que le brave gé-néral Dupré s’élance avec ses chasseurs à cheval à traversles intervalles de notre infanterie, et donne l’exemple enchargeant à fond la ligne espagnole. Il y fait des brèches, il j’-entre, il prend même des canons, qu’il ne peut ramener ;mais, quand il veut aller au delà, toujours il est arrêté devantun fond épais, impénétrable, que l’on désespère d’enfoncer.L’infortuné général, après des efforts héroïques, est renverséde cheval, frappé d’un biscaïen au bas-veritre.
Il est midi. Ce combat si disproportionné a déjà duré huitou neuf heures. Presque tous les officiers supérieurs sont tuésou blessés. Des capitaines commandent les bataillons, dessergents-majors les compagnies. Toute l’artillerie est démon-tée. Le général Dupont, désespéré, atteint de deux coups defeu, rachète ses fautes par sa bravoure. Il demande encoreune dernière preuve de dévouement à ses soldats. Il les re-porte en ligne. Ils marchent, soutenus par l’exemple des ma-rins de la garde impériale, qui ne cessent pas d’être dignesd’eux-mêmes. Mais, après un nouvel effort sur la premièreligne, ils aperçoivent la seconde toujours immobile, et ilsreviennent de nouveau à l’entrée de cette triste et fatale plainequ’ils n’ont pu franchir. Dans cet horrible moment, un événe-ment inattendu, quoique facile à prévoir, achève leur dé-moralisation. Les régiments suisses de Preux et Reding, quise sont d’abord conduits honorablement, éprouvent cependantun vif chagrin de tirer sur des Suisses et sur des Espagnols,les uns compatriotes, les autres anciens compagnons d’armes.
Juillet 1808.
Insuccèstic cettetentativegénérale.
Mort
du généralDupré.
Désertiondes deux régi-ments suissesde Preux etReding.