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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Août isos. tremblait encore à leur aspect, et, malgré une présomptionbien motivée cette fois, on se disait confusément qu’on pour-rait les revoir. A dater de cette retraite, Joseph n’avait pluspersonne pour lui en Espagne, ni le peuple qu’il n’avait jamaiseu, ni les classes moyennes et élevées qui, après avoir hésitéun instant par crainte de la France et par l’espoir des amé-liorations qu’on pouvait attendre d’elle, n’hésitaient plus main-tenant que la France elle-même semblait s’avouer vaincue ense retirant de Madrid.

L’armée rétrograda lentement par la route de Buylrago,

L'armSomo-Sierra, Aranda et Burgos. Ayant trouvé de nombreuses

se retire

par Uuytrago, traces de cruauté sur sa route, elle ne put contenir son exas-

Somo-Sierra ' A

et Aramta. pération, et elle se vengea en plus d’un endroit. La faim sejoignant à la colère, elle détruisit beaucoup sur son passage,et laissa partout des marques de sa présence qui portèrentau comble la haine des Espagnols. Joseph, effrayé des senti-ments qu’on allait ainsi provoquer, s’employait vainement àSentiments empêcher les excès commis le long de la route. Mais il nependant cette réussit qu’à blesser l’armée elle-même, dont les soldats di-

retraite.

saient qu’il devrait s’intéresser un peu plus à eux, qui le sou-tenaient, qu’aux Espagnols, qui le repoussaient. Quand leschoses vont mal, au malheur se joint la désunion. Les minis-tres de Joseph étaient peu d’accord avec les généraux fran-çais, et la nouvelle cour d’Espagne fort peu avec l’armée, quiétait son unique appui. La tristesse régnait parmi les chefs,l’irritation parmi les soldats, la fureur de la vengeance cheztoutes les populations traversées.

Le roi Joseph et ceux qui l’entouraient, se démoralisant àLe . chaque pas, ne se crurent pas même en sûreté à Burgos. Ils

mouvement 11/ A o

ré poS' e furent effrayés d’avoir encore sur leurs derrières tout le pays

Sdt. compris entre Burgos et les provinces basques, et ils jugèrentconvenable de se porter à la ligne de l’Èbre, en prenant Mi-randa pour quartier-général. Us avaient ramené le maréchalBessiôres sur leur droite, et ils voulurent ramener le général