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[Vol. 5.]
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BAYLEN.

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ministres de Joseph, MM. Pinuela et Cevallos, s’en allèrent Août isos.sans une seule explication. Le dernier surtout, devenu depuisun pamphlétaire attaché à diffamer la France, tint une con-duite digne du reste de sa vie. Longtemps le bas adulateur duprince de la Paix, ensuite son ennemi acharné, serviteur ob-séquieux de Ferdinand VII pendant ses deux mois de règne,ministre de Joseph, qu’il n’aurait jamais dû songer à servir,il s’échappait honteusement à la nouvelle de Baylen, ne disantrien aux Français qu’il quittait, mais disant aux Espagnols,auxquels il revenait, que s’il avait consenti à être ministre deJoseph, c’était pour avoir la permission de rentrer en Es-pagne, et l’occasion de se rattacher à une cause dont il avaittoujours prévu et désiré le triomphe. Le vieux d’Azanza,

MM. O’Farrill, d’Urquijo, agissant en hommes graves, qui avaientsu ce qu’ils voulaient en acceptant la royauté française, c’est-à-dire la régénération de l’Espagne, n’abandonnèrent pointJoseph, mais le suivirent l’àme remplie de douleur. M. de Ca-ballero, traité par ses compatriotes avec un mépris insultant,qu’il méritait beaucoup moins que M. de Cevallos, resta à lacour de Joseph comme dans un asile. Parmi les grands, leprince de Caslel-Frauco, qui avait tenu tête à l’orage, sentitson courage défaillir au dernier moment, et, après avoir pro-mis de partir, ne partit point. Pas un de ceux qui suivaientJoseph ne put emmener un domestique espagnol. Les hommesde cette condition restèrent tous à Madrid. Il y avait près dedeux mille individus employés dans les palais et les écuries dela couronne, à cause du grand nombre de magnifiques chevauxqu’entretenait ordinairement la royauté espagnole. De peurd’étre emmenés, ils disparurent presque tous dans une nuit.

Joseph eut à peine le moyen de se faire servir dans sa retraite.

Il sortit le 2 août pour se rendre à Chamartin, sans essuyer Sortieaucun témoignage insultant, car sa personne avait obtenu une le 2 as-sorte de respect. On vit partir les troupes françaises avecune joie toute naturelle, mais on n’osa les offenser, car on