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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Août 1608. entière. L’artillerie française ayant réussi vers midi à fairetaire celle de l’ennemi, et de larges brèches ayant été prati-quées dans le mur d’enceinte, les colonnes d’assaut furentformées, et deux de ces colonnes, une à droite sous le généralHabert, une à gauche sous le général Grandjean, s’élancèrentsur la muraille abattue aux cris de Vive VEmpereur I Les Es-pagnols, qui n’avaient pas fait consister leur résistance dansla défense d’une enceinte qui n’était ni bastionnée ni terras-sée, mais dans leurs rues barricadées et leurs maisons cré-nelées , attendaient nos soldats au delà des deux brèches, etles accueillirent par une grêle de balles dès qu’ils les eurentfranchies. La colonne de droite, plus heureuse, pénétra lapremière, et, détruisant les obstacles qui arrêtaient celle degauche vers la porte des Carmes, l’aida à pénétrer à son tour.Elle se jeta ensuite malgré le feu des maisons dans une rue,celle de Santa-Engracia, qui descendait perpendiculairementvers le Cosso, but principal de nos attaques. Trois grandesbarricades armées de canons coupaient cette rue. Nos soldats,entraînés par leur ardeur, enlevèrent d’assaut ces barricades,prirent treize pièces de canon, tuèrent les Espagnols qui lesservaient, et débouchèrent sur le Cosso, se croyant déjà maî-tres de la ville. Mais restaient sur leurs derrières les insur-gés, les uns paysans et moines, les autres soldats de ligne,retranchés dans les maisons, et résolus à les faire brûler plu-tôt que de les abandonner. Il fallait donc revenir pour lesdébusquer avant de s’établir sur le Cosso. C’est ce qu’on fit,se battant de maison à maison, perdant du monde pour lesprendre, et se vengeant, quand on les avait prises, par lamort de ceux dont on avait essuyé le feu.

La colonne de gauche avait trouvé sur son chemin un graveobstacle, c’était un vaste édifice, le couvent des Carmes, quiavait été entouré d’un fossé, et dans lequel beaucoup de trou-pes espagnoles s’étaient logées sous des officiers expérimen-tés, comme dans un camp retranché. 11 avait fallu enlever ce