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[Vol. 5.]
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couvent, ce qu’on avait fait avec vigueur, mais non sans de Août isos.grandes pertes. Cette œuvre terminée, on s’était mis, demôme que la colonne de droite, à fusiller de maison à maison,pendant que l’artillerie continuait d’envoyer des obus et desbombes qui, passant par-dessus la tète de nos soldats, allaientpunir et ravager la ville. Cet horrible combat durait depuisle matin avec un acharnement incroyable, lorsque nos soldatsfatigués commencèrent à se répandre dans les maisons qu’ilsvenaient de conquérir, et à y chercher les vivres dont ilsavaient besoin, et surtout les vins, dont ils savaient toutesles villes d’Espagne abondamment pourvues. Malheureusementils trouvèrent dans cette maraude intérieure l’écueil de leurbravoure, et bientôt une moitié de nos troupes fut enseveliedans l’inaction et l’ivresse. Malgré tout ce que firent nos géné-raux, la plupart blessés, ils ne purent ramener les soldatssoit au combat, soit du moins au soin de leur propre sûreté.

Si les Espagnols avaient soupçonné l’état dans lequel étaientleurs assaillants, ils auraient pu les faire repentir du sanglantsuccès de la journée. Il fallut attendre au lendemain pour re-commencer et poursuivre la difficile conquête de Saragosse,maison à maison, rue à rue. Nous avions, outre beaucoupd’officiers blessés, et notamment les deux généraux en chef,

Verdier et Lefebvre-Desnoettes, le premier atteint d’une balleà la cuisse, le second souffrant d’une forte contusion dans lescôtes, nous avions environ onze ou douze cents hommes horsde combat, dont trois cents morts et huit ou neuf cents bles-sés. Les deux vieux régiments, le 14 e et le 44 e , avaient cruretrouver dans les rues de Saragosse la fusillade d’Eylau.

Le lendemain, le général Verdier n’ayant pu, à cause de sablessure, reprendre le commandement des attaques, le géné-ral Lefebvre-Desnoettes, qui l’avait remplacé, rallia les trou-pes dispersées dans les maisons, barricada lui-méme, pourle compte des Français, les rues conquises et aboutissant auCosso, et résolut, pour épargner le sang, d’employer la sape

TOM, LX. \\