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LIV11E XXXI.
Août 1608.
Evacuationd'Almeidapar le généralLoison,d'Elvaspar le generalKcllermann.
exerçant comme les Savoyards ou les Auvergnats à Paris lemétier d’hommes de peine, montraient des dispositions fortpeu amicales. Toutefois, comme à Lisbonne se trouvait leprincipal établissement de l’armée française, Junot espérait,avec les dépôts, les malades, les gardiens du matériel, im-poser à la mauvaise volonté de la capitale. 11 ordonna au gé-néral Loison de quitter Almeida avec sa division, au généralKellcrmann de quitter El vas avec la sienne, sauf à laisser unegarnison dans ces deux places. Son projet était, une fois cesdeux divisions rentrées, de tenir une masse toujours prête àagir sur le littoral contre l’armée anglaise, dont on annonçaitle prochain débarquement.
Déjà l’insurrection, quoique n’ayant pas encore éclaté, cou-vait sourdement en Portugal, et il était presque impossiblede faire arriver un courrier. On envoya cependant tant demessagers au général Kcllermann, et surtout au général Loi-son, plus difficile à rejoindre que le général Kcllermann, àcause de Péloigilement de la province qu’il occupait, que l’unet l’autre furent avertis à temps. Le général Loison, au mo-ment de partir, était déjà entouré d’insurgés qu’avait gagnésla contagion de l’insurrection espagnole. Les prêtres, nonmoins ardents en Portugal qu’en Espagne, s’étaient mis à latête des paysans, et gardaient tous les passages, faisant legenre de guerre qui se pratiquait alors dans toute la Pénin-sule, c’est-à-dire barricadant l’entrée des villages, dérobantles vivres, et massacrant les malades, les blessés ou les traî-nards. Mais le général Loison était aussi vigoureux qu’aucunofficier de son temps. Il laissa dans les forts d’Almeida qua-torze ou quinze cents hommes les moins capables de soutenirles fatigues d’une longue route, les pourvut de vivres et demunitions, et s’achemina avec trois mille, pour traverser toutle nord du Portugal par Almeida, la Guarda, Abrantès et Lis-bonne. Il eut plusieu rs fois à passer sur le corps des révoltéset à les punir sévèrement; mais il sut partout se faire res-