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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Août 1808.

D’aprèsle désirdes Espagnolsles forcesanglaisessont dirigéessur Oportoplutôt que surla Corogne.

Raisons

qui

font adopterl'embouchuredu Mondegocomme pointde débarque-ment.

francs) ; mais ils avaient engagé les Anglais à tourner leursefforts vers le Portugal, qu’il n’importait pas moins d’enleveraux Français que l’Espagne elle-même.

Sir Arthur Wellesley s’était aussitôt transporté h Oporto,où il avait été reçu avec une joie extrême, car les commer-çants portugais, ne vivant que de leurs relations commercia-les avec les Anglais, sentaient à leur aspect leurs intérêtsaussi satisfaits que leurs passions. Dès cet instant, l’action del’armée britannique avait été décidément dirigée vers le Por-tugal. Celte résolution, qui convenait aux Espagnols, toujoursombrageux vis-à-vis de l’étranger, convenait aussi aux An-glais, lesquels devaient désirer avant tout la délivrance duPortugal; et elle servait à un même degré la cause commune,le but de la nouvelle coalition étant de chasser les Françaisde la Péninsule tout entière. Restait à savoir quelle partiedu Portugal on choisirait pour y aborder en présence de l’ar-mée française, sans courir la chance d’être brusquementjeté à la mer.

Sir Arthur Wellesley laissa son convoi croiser des bouchesdu Douro à celles du Tage, et se rendit de sa personne auprèsde sir Charles Cotlon, devant le Tage même, pour concerteravec lui son plan de débarquement. Mettre pied à terre à l’en-trée du Tage avait l’avantage de débarquer bien près du but,puisque Lisbonne est à deux lieues, et on pouvait de plusdonner à la nombreuse population de cette capitale une im-pulsion telle, que les Français ne tiendraient pas devant lacommotion qui en résulterait, car ils étaient 15 mille au plus,en comptant les malades, au milieu de 300 mille habitantstous ennemis. Si cette population, en effet, se soulevait dansun moment où une armée anglaise s’avancerait pour la sou-tenir, peut-être en finirait-on dans une seule journée? Maisles Français occupaient tous les forts ; ils avaient pris l’habi-tude de dominer le peuple de Lisbonne ; la côte, à droite età gauche de l’embouchure du Tage, est abrupte, exposée au