BAYLEN.
175
ressac de la mer, et un changement de temps pouvait livreraux Français une partie de l’armée anglaise, avant que l’autrepartie eût achevé son débarquement. C’était d’ailleurs mettrepied à terre bien près d’un redoutable et puissant adversaire,qu’on n’était pas encore habitué à braver et à combattre.
Par toutes ces considérations, sir Arthur Wellesley, d’ac-cord avec sir Charles Cotton, résolut de débarquer entreOporto et Lisbonne, à l’embouchure du Mondego, près d’unebaie assez commode que domine le fort deFiguera, lequeln’était pas occupé par les Français. Le choix de ce point,placé à une certaine distance de Lisbonne, donnait à sir Ar-thur Wellesley le temps de prendre terre avant que les Fran-çais pussent venir à sa rencontre, d’attendre le corps du gé-néral Spencer qu’il avait mandé auprès de lui, et, une foisdescendu sur le sol du Portugal avec 15 mille hommes, des’avancer vers Lisbonne en suivant la côte, pour profiler desoccasions que lui offrirait la fortune. Les Français, qu’il savaitforts tout au plus de 20 à 22 mille hommes, ayant plusieursplaces à garder, surtout la capitale, ne pourraient jamaismarcher contre lui avec plus de 10 à 12 mille; et en longeanttoujours la mer, soit pour se nourrir, soit pour se rembarquerau besoin, il avait chance de s’approcher de Lisbonne, et d’ytenter quelque coup heureux, sans courir trop de danger.Sachant sir llew Dalrymple appelé prochainement à le rem-placer, il était impatient d’avoir exécuté quelque chose debrillant, avant de passer sous un commandement supérieur.Ces résolutions étaient parfaitement sages, et dénotaient chezle général anglais les qualités que sa carrière révéla bientôt,le bon sens et la fermeté, les premières de toutes après legénie.
Il commença à débarquer le 1 er août à l’embouchure duMondego. Cette mer, si souvent agitée par les vents d’ouest,interrompit plusieurs fois le débarquement des hommes et dumatériel. Néanmoins, en cinq ou six jours, les troupes an-
Août 1808.
Plan
de campagnede sir ArthurWellesley,
Débarque-
ment
des troupesanglaises.,le I er août,aux bouchesdu Mondego.